LE CORAN - L’Appel

 

Traduit et présenté par André CHOURAQUI

 

www.lenoblecoran.fr

Version électronique : 1.0 (07/13)

 

 

 

Table des matières

LIMINAIRE.. 2

SOURATE 1. 10

SOURATE 2. 12

SOURATE 3. 43

SOURATE 4. 63

SOURATE 5. 82

SOURATE 6. 97

SOURATE 7. 115

SOURATE 8. 127

SOURATE 9. 127

SOURATE 10. 127

SOURATE 11. 127

SOURATE 12. 130

SOURATE 13. 138

SOURATE 14. 143

SOURATE 15. 148

SOURATE 16. 153

SOURATE 17. 161

SOURATE 18. 169

SOURATE 19. 177

SOURATE 20. 183

SOURATE 21. 190

SOURATE 22. 197

SOURATE 23. 203

SOURATE 24. 210

SOURATE 25. 216

SOURATE 26. 221

SOURATE 27. 229

SOURATE 28. 236

SOURATE 29. 243

SOURATE 30. 245

SOURATE 31. 245

SOURATE 32. 245

SOURATE 33. 245

SOURATE 34. 245

SOURATE 35. 245

SOURATE 36. 245

SOURATE 37. 245

SOURATE 38. 245

SOURATE 39. 245

SOURATE 40. 245

SOURATE 41. 245

SOURATE 42. 245

SOURATE 43. 245

SOURATE 44. 245

SOURATE 45. 245

SOURATE 46. 245

SOURATE 47. 245

SOURATE 48. 245

SOURATE 49. 245

SOURATE 50. 245

SOURATE 51. 245

SOURATE 52. 245

SOURATE 53. 245

SOURATE 54. 245

SOURATE 55. 245

SOURATE 56. 245

SOURATE 57. 245

SOURATE 58. 245

SOURATE 59. 245

SOURATE 60. 245

SOURATE 61. 245

SOURATE 62. 245

SOURATE 63. 245

SOURATE 64. 245

SOURATE 65. 245

SOURATE 66. 245

SOURATE 67. 245

SOURATE 68. 245

SOURATE 69. 245

SOURATE 70. 245

SOURATE 71. 245

SOURATE 72. 245

SOURATE 73. 245

SOURATE 74. 245

SOURATE 75. 245

SOURATE 76. 245

SOURATE 77. 245

SOURATE 78. 245

SOURATE 79. 245

SOURATE 80. 245

SOURATE 81. 245

SOURATE 82. 245

SOURATE 83. 245

SOURATE 84. 245

SOURATE 85. 245

SOURATE 86. 245

SOURATE 87. 245

SOURATE 88. 245

SOURATE 89. 245

SOURATE 90. 245

SOURATE 91. 245

SOURATE 92. 245

SOURATE 93. 245

SOURATE 94. 245

SOURATE 95. 245

SOURATE 96. 245

SOURATE 97. 245

SOURATE 98. 245

SOURATE 99. 245

SOURATE 100. 245

SOURATE 101. 245

SOURATE 102. 245

SOURATE 103. 245

SOURATE 104. 245

SOURATE 105. 245

SOURATE 106. 245

SOURATE 107. 245

SOURATE 108. 245

SOURATE 109. 245

SOURATE 110. 245

SOURATE 111. 245

SOURATE 112. 245

SOURATE 113. 245

SOURATE 114. 245

ANNEXE.. 245

 

 

LIMINAIRE

 

        La version du Qur’ân que nous publions fait suite aux traductions que nous avons présenté de la Bible hébraïque, des textes deutérocanoniques et du Nouveau Testament (La Bible, traduite et présentée par André Chouraqui, Desclée de Brouwer, 26 vol., 1972-1977; 1 vol. 1985; Un pacte neuf, Brépols, 1984; L’Univers de la Bible, 10 tomes, Brépols-Lidis, 1982-1985). Elle s’inspire d’une même problématique de la traduction, d’un même esprit d’ouverture et des mêmes méthodes, d’autant plus nécessaires ici du fait, Régis Blachère le souligne, « du désarroi du lecteur non-arabisant » devant les traductions habituelles de ce texte (Régis Blachère: Introduction au Coran, Paris, 1977, pp. 274-277).

 

        Toute traduction est ainsi problématique dans son essence même, et plus particulièrement celle du Qur’ân, texte « descendu des ciels », révélé par Allah ou par l’entremise d’un archange, Gabriel-Djibrîl. Par surcroît, dès les origines, du temps de Mûhammad, personne n’eût jamais imaginé la possibilité d’annoncer le Qur’ân dans une autre langue qu’en « arabe distinct  ». N’était-il pas destiné en premier lieu au peuple de la Mecque et des environs ?

 

        L’expansion de l’Islam hors des frontières de l’Arabie poussa théologiens et juristes à envisager la nécessité de traductions pour accompagner les progrès de leur religion. Mais ils comprirent très tôt qu’une « traduction » ne saurait prendre la place d’un original inimitable et par surcroît miraculeux, étant d’essence divine. Toute traduction, tardjama, ne pourrait jamais constituer autre chose qu’un commentaire, tafsîr. Ce point de vue facilita au sein de l’islam la rédaction de multiples « commentaires » du Qur’ân. En Turquie, vers 1920, en conséquence de la révolution, et en Égypte, en 1932, à la suite des décisions d’un maître d’Al-Azhar, le hanifite Muhammed Mustapha al-Maraghi, il fut admis qu’un musulman ignorant de l’arabe, pouvait lire le Qur’ân dans une traduction convenable qu’il était autorisé à utiliser légitimement même pour réciter ses prières.

 

        Ce qui est admis pour un musulman, le fut d’autant plus pour un non musulman. Maraghi s’appuyait sur un argument de fait: hors de l’Arabie, il n’était pas expédient d’exiger des Musulmans qu’ils apprennent tous l’arabe. Mais il soutenait que toute traduction, même si elle n’était pas Parole d’Allah, n’en transmettait pas moins le sens de cette Parole inimitable.

 

        C’est ainsi que le Qur’ân fut traduit dès les origines de l’Islam dans la plupart des langues du monde. Cela commença à l’époque des Califes orthodoxes, avec une traduction en persan, puis en berbère et en sindi. Ainsi, depuis les premiers siècles de l’Islam de nombreuses versions en turc, en persan, dans les langues du Pakistan, de l’Inde, de l’Asie du Sud-est virent le jour, le plus souvent accompagnées de commentaires inspirés du tafsîr d’Al-Tabari (923), d’Al-Razi, (1209), d’Al-Baïdawi (1291) et d’Al-Nasafi, (1310). Ceux-ci demeurent de nos jours encore les meilleurs introducteurs à une compréhension traditionnelle du Qur’ân. Au XIXe et au XXe siècle le Qur’ân est encore traduit dans plusieurs langues africaines et même en chinois et en Japonais.

 

        L’Occident ne découvre l’« Alcoran »  que cinq siècles après sa parution. Pierre le Vénérable né en Auvergne en 1092, fut l’Abbé de Cluny de 1122 à sa mort en 1156. Esprit curieux et énergique, ami des papes et des rois, il visite Tolède dans le deuxième quart du 12e siècle. Il est fasciné par les splendeurs qu’il découvre en même temps que terrifié par la puissance de ce rival géant de la chrétienté, l’Islam. La civilisation musulmane est alors à son apogée, notamment en Andalousie. Il décide de s’y initier en ses sources et demande à un anglais, archiprêtre de Pampelunes, Robert de Ketton (alias Robertus Retenensis ou Robert de Rétines), de traduire le Coran en latin.

 

        L’Islam est alors en conflit contre la chrétienté qu’il menace, depuis 711, à l’ouest de la Péninsule Ibérique, et, dès 718, à l’Est de Constantinople. Plus tard, l’expansion de l’Empire ottoman exacerbe en chrétienté la polémique anti-islamique.

 

        Ces conflits religieux et politiques ne sont pas sans laisser leurs empreintes dans l’histoire des traductions du Coran.

 

        Robert de Kenton achève la première version du Coran, faite en Occident, en 1143. Elle est en latin et le manuscrit autographe du traducteur se trouve à la Bibliothèque de l’Arsenal, à Paris. Document polémique s’il en fut: jamais l’axiome « Traduire c’est trahir » ne fut plus exacte. Des sonorités du Coran, de ses rythmes lancinants, de la splendeur poétique de l’original, il ne reste à peu près rien. Le but est de se servir de ce texte en tant qu’arme de guerre, celle qui dressait la Chrétienté contre l’Islam, afin de démontrer que Muhammad était un imposteur et l’Islam une imposture. N. Daniel dans son livre « L’Islam et l’Occident, la fabrication d’une image » (Édimbourg, 1960) le souligne: Robert de Kenton s’ingénie « à aggraver ou à exagérer un texte inoffensif pour lui donner une pointe détestable ou licencieuse, ou à préférer une interprétation improbable, mais désagréable, à une autre, vraisemblable mais décente ».

 

        Néanmoins, la traduction de Robert de Kenton joua en ce qui concerne le Coran le rôle que remplit la Vulgate avec la Bible: elle servit pendant des siècles de matrice à toutes les autres interprétations en langues européennes. Mais la Vulgate était écrite par un amant éperdu de la Bible, Saint Jérôme, qui compensait ses déficiences linguistiques par une sympathie sprirituelle grâce à laquelle il produisit son chef d’oeuvre. Son but était de convaincre ses lecteurs chrétiens de ce que les prophètes et plus encore les apôtres étaient des inspirés détenteurs de la Parole de Dieu et du Christ. Le Coran, au contraire, est écrit le plus souvent dans les langues européennes, dans un esprit de dénigrement ouvertement proclamé. Il s’agit de prouver, texte en main, que Mahomet est un faussaire et le Coran une « coranerie », selon le mot d’un de ses commentateurs .

 

        La première traduction  du Coran en langue occidentale est celle publiée en italien par Andrea Arrivabene en 1547. C’est une paraphrase de la version de Robert de Kenton: elle est retraduite en allemand par Salomon Schweigger, puis, anonymement, en hollandais en 1641.

 

        La plus ancienne traduction française du Coran est celle d’André du Ryer, sieur de la Garde Malezais. Elle est publiée en 1647 et rééditée pendant plus d’un siècle jusqu’en 1775. Elle inspirera les traductions de ce texte en anglais (Alexander Ross), en néerlandais (Glaze Maker), en allemand (Lange) et en russe (Postnikov et Veryovkin).

 

        En 1698, Louis Marracci dans un esprit nouveau fait une nouvelle traduction latine du Coran, reprise en 1721 par Reiniccius. Traduite par Nerreter en allemand, elle inspirera, jusque de nos jours maintes retraductions de ce texte, même en français (Denise Masson: Porte ouverte sur un jardin fermé, Paris, 1989, p. 243, Montet et elle-même s’en sont inspirés pour leurs traductions).

 

        Au XVIIIe siècle, l’une des meilleures traductions du Coran est faite en anglais par Sale (1734) bientôt suivi en français par Savary (1751), puis en allemand par Boysen (1773).

 

        La France lit alors le Coran de Du Ryer, plusieurs fois réédité de 1647 à 1775, et celui de Savary (1751-1960). Celui de Kasimirsky, inspiré par les travaux de Marracci et de Sale, il bat un record de durée étant constamment rééditée depuis 1840 à nos jours. Kasimirsky, un Hongrois, attaché d’ambassade à Téhéran, avait été sollicité par ses éditeurs pour réviser la version de Savary. Il préféra la récrire totalement. Comme toutes les versions faites au XIXe et au début du XXe, son principal souci n’est certes pas de suivre de près l’original arabe. Depuis, le Coran a été maintes fois retraduit par Montet (1929); Laïmèche (1931; Pesle et Tidjani (1936); Blachère (1949-1950-1966); Rajabalee (Île Maurice), (1949); Mercier (1956); Ghedira (1957); Hamidullah (1959-1966); Denise Masson (1967); Si Hamza Boubakeur (1972); Jean Grosjean (1979).

 

        Tous les traducteurs le savent comme tous les savants, grands ou petits: le Coran ­ comme la Bible ­ sont des textes intraduisibles. Mais sans doute, est-ce pour cela qu’ils excitent l’ardeur de tant de talents voués à cette quête de l’impossible.

 

        Le Qur’ân est, à l’origine, un message verbal et non écrit. Le mot Qur’ân, en ses 60 occurrences, a pour premier sens celui d’appeler: avant toute chose le Qur’ân est un Appel, un « Cri » pour retrouver le sens de la même racine Qara’a dans différentes langues sémitiques. Le sens de lire ou de réciter est dérivé du sens premier qui est vocal, datant d’une époque où la voix « descendue des ciels » n’avait pas encore de support scripturaire: l’Appel était alors en voie de constitution. Il ne sera écrit qu’après la mort de Muhammad. De tous les termes employés pour désigner le Message venu d’en haut, Ayât, Signe, Kitâb, Écrit, Dikr, Mémoire, Hikmat, Sagesse, al-Qur’ân se réfère plus explicitement à la voix d’un homme qui appelle au grand rassemblement des vivants et des morts. L’homme qui reçoit et fait entendre cet Appel d’Allah transmis par l’Archange Gabriel (Djibril) se nomme Muhammad: sa vie est intrinsèquement liée à la révélation qu’il reçoit d’en haut.

 

        Les questions soulevées par l’Appel céleste ­ Allah qui le dicte, l’Ange qui le transmet, le Nabi qui le reçoit ­ nourrissent, dès ses origines, la méditation des théologiens de l’Islam. On a noté dans les Sourates les plus anciennes que rien n’indique qui parle, ni la source de sa révélation. À mesure que l’Appel s’élabore il affirme avec une vigueur grandissante venir des ciels où trône Allah.

 

        Cela ne manque pas de susciter la raillerie des adversaires de la foi nouvelle pour qui l’Appel ne vient pas d’Allah: « C’est seulement un mortel qui l’enseigne » (S. 16. 103), ne manquent-ils pas de dire. La polémique commencée du vivant de Muhammad entre les adhérents de la foi nouvelle, les polythéistes, les Juifs et les Chrétiens ne manque pas de se poursuivre de siècles en siècles. L’orthodoxie islamique affirme avec une intransigeance sans faille que le Qur’ân vient entièrement d’Allah, tandis que la critique coranique y décèle l’oeuvre humaine d’un prophète de génie nourri non seulement d’une inspiration divine mais encore de traditions, d’histoires et d’enseignements diffusés, en Arabie, par rabbis et moines fidèles aux traditions bibliques. L’Islam libéral atteste que cette opinion hétérodoxe est néanmoins compatible avec maintes traditions islamiques fort anciennes. Même dans le Qur’ân, certains versets suggèrent que Satan ­ le Shaïtân ­ peut intervenir dans le procès de la révélation d’Allah:

 

   Mais Allah annule ce qu’attaque le Shaïtân,

   Allah confirme alors ses Signes (S. 22. 52).

   

 

        Non seulement le Shaïtân peut interférer dans le discours divin, mais encore son réceptacle, le Prophète, peut en oublier des parties.

 

   Nous n’avons envoyé, avant toi,

   aucun Envoyé, aucun Nabi

   sans que, lors d’un souhait, le Shaïtân n’attaque en son souhait (S.22.52).

   

 

        Le commentaire de ce verset par Al-Tabari (voir aussi ses Annales 1.1192-1193), soutient que les attaques du Shaïtân contre le Nabi visent, en outre, les versets 18.19 et 20 de la Sourate 53:

 

  18. Ainsi a-t-il contemplé le plus grand des Signes de son Rabb,

  19. Avez-vous vu al-Lât et al-‘Uzza

  20. et Manât, la troisième, l’autre ?

 

        Cette contemplation (voir R. Arnaldez, Mahomet, Seghers, Paris, 1970, pp. 50-52, et la note de Hamidullah dans sa traduction du Coran), cette vision ne sont pas innocentes puisque Al-Lât, Al-‘Uzza et Manât sont « les filles d’Allah », les principales déesses de l’Arabie anté-islamique; elles avaient leurs statues dans la Ka‘bat et dans d’autres sanctuaires. De plus, ce passage du Qur’ân aurait été expurgé de deux versets réputés sataniques, puisque d’obédience polythéiste:

 

Elles sont des déesses sublimes

dont l’intercession est à implorer.

 

        Au moment où Muhammad les aurait prononcé, tous ses auditeurs, y compris les musulmans se seraient prosternés. Mais l’Ange  Gabriel aurait révélé que les versets incriminés venaient non d’Allah, mais de Satan.

 

        L’Islam orthodoxe nie toute véracité à cette affaire inspirée à ses yeux par Satan. Les adversaires de l’Islam la gonflent démesurément tandis que les orientalistes sont partagés sur son authenticité. Certains d’entre eux, Burton par exemple soutient qu’elle aurait été inventée par des juristes qui s’appuyaient sur 22. 52 pour preuve de leurs théories de l’abrogation possible de textes antérieurement révélés.

 

        Voilà en quoi se résume l’affaire des « versets sataniques » qui a fait couler vainement tant d’encre, jusque de nos jours.

 

        La révélation progressive du Qur’ân s’échelonne de 610 et 632. Selon l’orthodoxie musulmane le Qur’ân fut mis par écrit par ses compagnons tel qu’il était oralement descendu des ciels, encore du vivant du Prophète ou peu après sa mort. Le travail d’agencement des 114 Sourates se poursuivit cependant sous le règne du Calife ‘Othmân (644-656), et sa vocalisation ne fut définitivement acquise qu’au début du Xe siècle: cependant ces questions continueront de se poser jusqu’à ce que paraisse une édition critique du Coran, comparable à celle de Kittel-Stuttgart pour la Bible hébraïque ou de Nestlé et Aland pour le Nouveau Testament: d’éminents spécialistes y travaillent au Caire et ailleurs; souhaitons connaître bientôt les résultats de leurs travaux.

 

        L’histoire commence à la mort de Muhammad: le premier calife, Abu Bakr, collecte le premier recueil officiel du Qur’ân (632-634). L’un des secrétaires du Nabi, Zayd ben Tabit, mandaté par Abu Bakr, recueille les paroles consignées sur « des branches de palmiers et des pierres plates ainsi que celles gardées dans la poitrine des hommes ». Il les recopie sur des feuillets d’égal format et les remet à Abu Bakr qui les légua à son successeur le calife ‘Omar.

 

        La tradition textuelle arrêtée à Médine en 656 à la mort du calife ‘Othmân, coexiste avec d’autres en usage à Kûfa, à Basra en Syrie. Une immense littérature transmet plusieurs milliers de variantes textuelles trouvées dans des sources autorisées, notamment dans les commentaires d’Al-Tabari, Al-Zamakhshari, Al-Baïdawi, Al-Razi et chez bien d’autres.

 

        L’histoire du texte coranique est ainsi d’une extrême complexité: elle a suscité de multiples polémiques, aboutissant à la fondation d’écoles rivales. Pour notre traduction nous avons de préférence suivi l’édition égyptienne de 1923, considérée de nos jours comme faisant autorité.

 

        Nous l’avons dit, Régis Blachère a souligné le « désarroi » du lecteur occidental en face du Coran. Il est confronté à un texte qui déroute en vérité, toutes ses habitudes de pensée. Il est divisé en 114 sections ­ des Sourates ­ qui n’ont entre elles aucun lien logique ou chronologique. Les titres des Sourates ne relatent qu’une infime partie de leur contenu. Rares sont celles qui traitent d’un seul sujet ­ par exemple l’histoire de Joseph (12), ou de Noé (71) ou même paraissent construites avec une certaine structure logique. Leurs péricopes ne sont rattachées les unes aux autres que par le lien apparent de l’inspiration qui les anime.

 

        La première Sourate de 7 versets, la Fâtihat, l’Ouvrante, est une prière, centrale dans la liturgique du musulman. Elle précède les autres Sourates approximativement classées par ordre de longueurs décroissantes, la plus longue ayant 286 versets (S. 2), les plus brèves 3 versets seulement. Leurs titres ont été fixés après la mort du Prophète; certains diffèrent notamment dans les éditions égyptiennes et indo-pakistanaise du Coran. La plupart du temps le titre consiste en un mot clé qui aidera le lecteur à se retrouver plus facilement dans sa lecture. De nos jours les citations sont faites par les orientalistes à partir des numéros des Sourates et de leurs versets. Nombreux sont les musulmans lettrés qui connaissent le Coran par coeur et sont en mesure de réciter n’importe lequel de ses versets à partir de ses premiers mots.

 

        Mais le lecteur moderne se heurte à une nouvelle difficulté. Le classement des Sourates n’a aucun rapport avec l’ordre chronologique de leur révélation. Celui-ci a été déterminé, dès les premiers siècles après la mort du Prophète, par les musulmans soucieux de reconstituer sa vie. La tradition distingue les Sourates selon qu’elles auraient été révélées à la Mecque de 610 à 622, ou à Médine de 622 à 632; la datation de plusieurs d’entre elles demeure discutée.

 

        Cependant, dès 1884, G. Weil s’appuyant sur des traditions constantes ainsi que sur la critique interne du style et de l’histoire du texte, propose un ordre chronologique différent pour les Sourates. Th. Nöldeke en 1860 et F. Schally, en 1909, suivent un autre classement qui est remis en cause par R. Blachère en 1947, 1949-1950 et 1966.

 

        La lecture du Qur’ân, dans l’ordre chronologique de ses Sourates est édifiante quelque soit le classement suivi. L’édition égyptienne de l’al-Qur’ân publiée en 1923 propose l’ordre chronologique que voici (les versets entre parenthèses sont censés appartenir à une époque différente):

 

96, 68 (17-33, 48-50, Médine) 73 (10-1, 20, Médine), 74, 1, 111, 81, 87, 92, 89, 93, 94, 103, 100, 108, 102,107, 109, 105, 113, 114, 112, 53, 80, 97, 91, 85, 106, 101, 75, 104, 77 (48, Médine), 50 (38, Médine), 90, 86, 54 (54-6, Médine), 38, 7 (163-70, Médine), 72, 36 (45, Médine), 25 (68-70, Médine), 35, 19 (58, 71, Médine), 20 (130-1, Médine), 56 (71-2, Médine), 26 (197, 224-7, Médine), 27, 28 (52-5, Médine; 85, pendant l’Hégire), 17 (26, 32-3, 57, 73-80, Médine), 10 (40, 94-6, Médine), 11 (12, 17, 114, Médine), 12 (1-3, 7, Médine) 15, 6 (20, 23, 91, 114, 141, 151-3, Médine), 37, 31 (27-9, Médine), 34 (6, Médine), 39 (52-4 Médine), 40 (56-7, Médine), 41, 42 (23-5, 27, Médine), 43 (54, Médine), 44, 45 (14, Médine), 46 (10, 15, 35, Médine), 51, 88, 18 (28, 83-101, Médine), 16 (126-8, Médine), 71, 14 (28-9, Médine), 21, 23, 32 (16-20, Médine), 52, 67, 70, 78, 79, 82, 84, 30 (17, Médine) 29 (1-11 Médine), 83 - Hégire - 2 (281, plus tard), 8 (30-6, la Mecque), 3, 33, 60, 4, 99, 57, 47 (13, pendant l’Hégire), 13, 55, 76, 65, 98, 59, 24, 22, 63, 58, 49, 66, 64, 61, 62, 48, 5, 9 (128-9, la Mecque), 110.

 

        R. Blachère, reprenant les recherches de G. Weil, de Th. Nöldeke, de F. Schwally ainsi que des savants du Caire a publié dès 1949 un Coran où les Sourates sont classées dans l’ordre suivant:

        Premier groupe de Sourates révélées à la Mecque:

 

96, (versets 1-5) - 74, (versets 1-7) - 106 - 93 - 94 - 103 - 91 - 107 - 86 - 95 - 99 - 101 - 100 - 92 - 82 - 87 - 80 - 81 - 84 - 79 - 88 - 52 - 56 - 69 - 77 - 78 - 75 - 55 - 97 - 53 - 102 - 96, (versets 6-19) - 70 - 73 - 76 - 83 - 74 (versets 8-55) - 111 - 108 - 104 - 90 - 105 - 89 - 85 - 112 - 109 - 1 - 113 - 114.

 

        La deuxième et la troisième période de l’apostolat de Muhammad comprendraient les Sourates suivantes:

 

51 - 54 - 68 - 37 - 71 - 44 - 50 - 20 - 26 - 15 - 19 - 38 - 36 - 43 - 73 - 67 - 23 - 21 - 25 - 27 - 18 - 32 - 41 - 45 - 17 - 16 - 30 - 11 - 14 - 12 - 40 - 28 - 39 - 29 - 31 - 42 - 10 - 34 - 35 - 7 - 46 - 6 - 13.

 

        Ces trois premiers groupes auraient été révélés à la Mecque de 610 à 622.

 

        R. Blachère range dans un quatrième groupe révélé de 622 à 632 à Médine, les Sourates suivantes:

 

2 - 98 - 64 - 62 - 8 - 47 - 3 - 61 - 57 - 4 - 65 - 59 - 33 - 63 - 24 - 58 - 22 - 48 - 66 - 60 - 110 - 49 - 9 - 5.

 

        Toute lecture chronologique conduit à revivre l’itinéraire du Prophète pendant les vingt deux années de son apostolat. Ses premiers messages sont les plus courts et les plus fulgurants. Au début il est une voix qui lance son appel dans les déserts. À mesure que le nombre de ses adhérents augmente le Prophète devient le chef d’une religion théocratique dont la puissance, même au-delà de sa mort, ne cessera de grandir. Il convenait alors non seulement d’éclairer les adeptes, mais encore d’organiser leur vie. D’où le caractère souvent normatif des textes révélés à Médine de 622 à 632.

 

        On a pu dire qure le lecteur moderne lit le Coran à l’envers, les premières Sourates appartenant pour la plupart à la période médinoise. Il est recommandé de suivre l’usage des écoles coraniques et d’entrer dans le texte en commençant par les dernières Sourates plus brèves, annoncées alors que le Nabi, âgé d’environ 40 ans (?) se nourrissait d’inspiration apocalyptique et s’exprimait avec une exceptionnelle beauté poétique.

 

        Au début de sa prédication Muhammad fait inlassablement appel à la purification, à l’amour d’Allah, à l’abandon des idoles dont le culte est mensonger et corrupteur: il évoque avec une puissance obsessionnelle l’imminence de la fin du monde et du jugement dernier, chacun se dirigeant vers les délices du paradis ou l’horreur de la Géhenne.

 

        Avec le temps, la prédication de Muhammad s’enrichit de véhémentes apostrophes lancées contre ses opposants. L’islam naissant se sent déjà assez fort pour affronter le polythéisme et déclarer la guerre aux idoles. Le style des Sourates devient harcelant: des phrases courtes, des ensembles dominés par des rythmes haletants et des rimes qui entraînent le récitant jusqu’au seuil d’une extase née de la parfaite harmonie de la forme et du fond de l’Appel.

 

        Celui-ci attaque de front et avec une violence grandissante le milieu idolâtre contre lequel surgit l’annonce d’Allah, unique, transcendant, souverain au jour de la créance: le Prophète évoque des exemples tirés de l’histoire, notamment de la Bible, pour décrire les conséquences de tout refus opposé à Allah. Ici bas et davantage encore dans la Géhenne les effaceurs d’Allah et de son Appel seront voués au feu, dans d’éternelles tortures. Par opposition, les Amants d’Allah, sur la route ascendante, sont introduits dans le Jardin d’Allah et accuillis par des houris toujours vierges: ils jouiront là d’une éternelle béatitude.

 

        Les classements chronologiques dont nous venons de rendre compte succintement ne sont pas les seuls. H. Grimme (1892-1895), William Muir (1896), H. Hirschefeld (1902) et plus récemment R. Bell (R. Bell: The Qûr’an, translated, with a critical rearrangement of the Surats (2 vol. 1937-1939)), suivant des critères différents, ont ouvert de nouvelles perspectives sur la chronologie des révélations du Coran.

 

        La complexité du problème résiste aux méthodes d’analyse modernes de plus en plus diversifiées et nous incite à la plus grande prudence. Comme pour la Bible, la critique doit ici nous conduire à une plus profonde connaissance de ce texte fondateur dont il nous faut cependant accepter qu’Allah seul continue de détenir le mystère.

 

        La langue du Qur’ân, cet arabe distinct, lisân ‘arabîy mubîn,  dont tout Arabe s’enorgueillit à juste titre (16.103; 26.195; 41.44), plutôt que le dialecte de Kuraïsh, semble être la « Koiné poétique » de la poésie arabe classique, telle qu’elle était en usage à la Mecque; à moins que ce ne soit simplement « la langue d’Allah ». Le vocabulaire d’une exceptionnelle richesse supplantera la langue de la poésie arabe anté-islamique et donnera naissance à l’arabe classique. D’éminents philologues, à la suite d’Abu ‘Ubayd (838) y décèleront un grand nombre de mots empruntés au berbère, au copte, à l’éthiopien, au grec, à l’indien, au nabatéen, au persan, au soudanais, au syriaque. L’hébraïsant est surpris de constater les harmonies profondes, multiples, de la langues coranique avec l’hébreu biblique. Bien des mots employés dans le Coran ne livrent leur sève qu’au bibliste rompu à la lecture de l’hébreu, par exemple darasa, étudier ou commenter les Écritures, fâtir, créateur, dans le sens biblique de péter réhèm, fendeur ou ouvreur de matrice ­ sans compter les mots innombrables commun à la langue du Coran et à celle de la Bible, tels qu’en lisant l’arabe coranique on découvre par transparence les textes hébraïques nés d’une même inspiration. Le Coran est écrit en une prose rythmée et souvent rimée, nettement distinct des assonances de la poésie arabe. « Distincte »,  sa communicabilité est le chant de ce langage: il suffit d’entendre l’annonce quodidienne des muezzins pour en comprendre les pouvoirs envoûtants; la Sourate 54, par exemple, compte 55 versets terminés par une voyelle brève suivie d’un ‹ r ›. L’arabe se prête à l’infini aux jeux des assonances et des rimes internes où les mots terminés en ‹ û ›, en ‹ i ›, en ‹ ha ›, en ‹ at ›, en ‹ ûn ›, en ‹ in › donnent à la langue son incomparable puissance incantatoire. Les substantifs qui désignent Allah sous cent Noms divers accentuent la force, en quelque sorte magique, d’un texte  dont le chant conduit à l’extase les mystiques qui s’abandonnent à lui. La répétition de refrains ou de questions démultiplient les pouvoirs d’une langue qui agit non par sa logique, mais par la subtilité infinie de ses allusions. Le lecteur occidental ne comprend guère les multiples répétitions des mêmes histoires, celles d’Abraham, de Noé, de Hûd, de Salih, de Loth, de Joseph ou encore des récits de la création ou de la naissance miraculeuse de Jean-Baptiste et de Jésus. L’Arabe, comme tout Sémite, se délectent des menues variantes de ces répétitions et les comprend différemment compte tenu de leurs longueurs ou de leurs contextes différents: tout dans cette parole, adorable par essence parce que divine, concourt au ravissement des amants de l’Islam.

 

        Le lecteur français nourri de classicisme cherchera à classer le jaillissement de l’inspiration coranique sous des rubriques logiques. Il y découvrira un code de vie fait de règles de conduites, de lois, de définitions de devoirs au premier rang desquels se trouvent les quatre piliers de l’Islam, la prière rituelle (11.114; 17.78.79; 2.238; 73.20; 4.103); la dîme (zakat) et l’aumône (sadaqat) (2.271; 24.56; 9.60), le jeûne (2.183-187); et enfin l’obligation du pèlerinage (2.158,196).

 

        Ces devoirs religieux sont assortis de prières dont la plus importante est la Fatiha, l’Ouvrante, assortie de Sourate en Sourate de formules liturgiques et de psaumes coraniques qui semblent faire écho à d’autres prières aux jaillissements d’une même inspiration. Celle-ci strie le Qur’ân de scènes dramatiques évoquant la mort, le jugement dernier, les horreurs de la Géhenne, les ravissements du paradis, ainsi que de pathétiques admonestations adressées aux idolâtres, aux Juifs, aux Chrétiens, à l’humanité entière, pour les convaincre de la vérité d’Allah, de son Prophète, de son Appel: les effacer serait se condamner au feu de la Géhenne pour l’éternité. L’adjuration pend parfois l’allure de serments qui prennent à témoin la nuit, le jour, le figuier, l’olivier, le Mont Sinaï ou le jour de la résurrection... (92; 37; 36; 95: 103; 75; 110) toutes d’une rare beauté poétique.

 

        Ces serments coraniques s’apparentent à des développements de style prophétique (56,81.1-14; 82; 84; 99) qui posent, à l’occasion, des questions rhétoriques, assorties de malédictions et de menaces (56; 84; 105; 104; 83; 85; III), où parfois se rencontre l’injonction Waïl ! que nous rendons par Aïe ! plutôt que par Malheur à. Pour l’essentiel le texte vise toujours à entraîner l’adhésion de l’auditeur ou du lecteur du Coran à la prédication de Muhammad, reçue directement d’Allah.

 

        L’adhérence souhaitée naît nécessairement de la lecture des signes. Là où l’occidental se heurte à des objets ou à des faits, l’oriental, voit, en tout, des Signes: la Parole révélée en est le plus important et s’écrit grâce aux ayât, ces signes descendus des ciels. Mais la terre, le ciel, le soleil, la lune, les étoiles, la pluie, le tonnerre, la foudre, le feu, l’eau, la nature toute entière sont aussi des signes que l’homme a le devoir de contempler et de comprendre afin de mieux pénétrer la vérité d’Allah et de son Prophète.

 

        Mais l’histoire est, elle aussi, conduite par Allah. La bien connaître permet une plus profonde pénétration du destin et des devoirs de l’homme. Le Qur’ân du début à la fin est donc émaillé de récits traditionnels puisés dans la Bible, et dans les traditions bibliques, comme dans d’autres civilisations proche-orientales. La création des ciels et de la terre en six jours par Allah qui trône dans les ciels sur son trône de gloire est maintes fois mentionnée sans pour autant reprendre en détail le récit des premiers chapitres de la Genèse (103; 25.59; 32.4; 9.129; 13.2; 20.5; 21.22).

 

        Le lecteur de la Bible qu’il soit Fils d’Israël ou Chrétien reconnaîtra le visage d’Elohîms sous le Nom d’Allah, l’Elohîms d’Abraham, des Prophètes, de Jésus, des Apôtres et de Mûhammad qui appose son sceau pour garantir l’authenticité de leurs enseignements. Car le Qur’ân est par essence divin; c’est Allah qui parle à Muhammad directement ou par l’intermédiaire de l’Ange Gabriel, lui qui inspira aussi les messages des Prophètes et des Apôtres: leur Appel émane, de toute évidence, d’une même source.

 

        Nous ne serons donc pas surpris de retrouver dans le Qur’ân plusieurs des héros de la Bible, Adam, Noé, Lot, Abraham, Isaac, Ismaël, Jacob, Élie, Moïse, Aaron, Pharaon, Saül, David, Salomon, Jonas, Job et d’autres encore, Hamân, Hûd, Sâlih, Shu’aïb, Lukman (31.12-9), Dû-l-Kifl, Dû-l-Qarnaïn identifié à Alexandre le Grand (18.83.98), Idrîs identifié à Élie ou Énoch (19.56; 21.85). D’autres histoires, celles des Dormants de la Caverne par exemple (18.10.26) émaillent la prédication qu’elles rendent plus attrayantes, insistant toujours sur les châtiments fatalement encourrus par les criminels voués au feu de la Géhenne, comme sur les récompenses paradisiaques des justes, béatifiés dans les jardins d’Allah. Si l’exhortation ou l’imprécation accompagnent toujours les récits historiques, la parabole n’est pas étrangère au génie du Qur’ân comme jadis à l’Évangile, celle des deux jardins (S.14.24.27) celle de la cité rebelle (S.36.13.29) ou celle encore du jardin flétri (68.17.33).

 

        Autant ou plus que la Tora en Israël et les Évangiles en chrétienté, le Coran occupe une place centrale dans la vie et la pensée des Musulmans. Davantage qu’un Écrit ou même un Écrit révélé, il est, en Islam, une étincelle d’Allah déposée sur terre pour en éclairer les ténèbres. L’Islam a su préserver l’oralité du Qur’ân qui est un Appel avant d’être un Écrit, un Appel reçu de 610 à 632, pendant vingt-deux ans, des lèvres même du Prophète parlant sous l’inspiration d’Allah et par la suite répercuté à l’infini, et toujours en arabe distinct  par les voix des croyants.

 

        Le message originel, entendu par le cercle des disciples de Muhammad, est mémorisé par eux de son vivant et transmis sous sa forme orale et jusqu’à nos jours, à la Maison de l’Islam. L’oralité de l’Appel, à peu près disparue en Israël et en chrétienté, demeure primordial en Islam. L’Écrit est fondateur pour les Hébreux et pour les Chrétiens. Pour les Musulmans, il demeure un simple aide-mémoire constamment soumis au contrôle de la tradition orale, ininterrompue depuis la mort du Prophète et toujours vivante. L’édition du Qur’ân considérée comme classique a été établie en Égypte dans les années 1920 à partir de la tradition orale et des Qirâ’ât qui l’étayent davantage que sur les plus anciens manuscrits du Qur’ân. Le docteur Mahmoud Azab, professeur de Qur’ân et de langues sémitiques à l’Université d’Al-Azhar, lors de la révision qu’il a bien voulu faire de ma version, n’avait pas besoin d’un Écrit pour la suivre en arabe: il était lui-même, comme tant de ses coreligionnaires, un Qur’ân vivant.

 

        L’oralité du Qur’ân est gardée vivante par des récitateurs professionnels ­ les Qurrâ’ ­ mais tous les musulmans, même s’ils sont analphabètes, en connaissent des parties par coeur, celles qu’ils récitent dans leurs prières, avec grande ferveur: le Qur’ân est pour les Musulmans la parole (Kalâm) d’Allah, d’où son importance fondatrice.

 

        Dès l’époque d’Harun al-Rachid (766-809), des théologiens tentèrent d’élucider le rapport qui existait entre le Qur’ân céleste gardé sur la Table auprès du trône d’Allah et celui qui fut révélé à Muhammad. Le Qur’ân est-il créé ou incréé ? Dès le IXe siècle, mu‘tazilites et hanbalites débattirent de cette question à en perdre haleine... et parfois la vie. Ibn Hanbal (780-855) soutint que le Qur’ân était une partie de la connaissance d’Allah et qu’il était sinon incréé du moins précréé (ghaïr makhlûq). Surgit alors la polémique entre partisans de la pré-création du Qur’ân, de son éternité ou de sa non-éternité, « Allah n’ayant jamais parlé et ne parlant pas ».

 

        Pour tous cependant, éternel ou non, le Qur’ân est inimitable (i‘djaz), son inimitabilité étant aux yeux même des contemporains de Muhammad, la preuve irréfutable de sa perfection et de son authenticité divine. Ces pensées nourrissent la méditation comme le genre de vie des musulmans. Un hébreu, un chrétien n’auront aucun scrupule à mettre entre les mains d’un Musulman un exemplaire de la Tora ou du Nouveau Testament. L’inverse n’est pas toujours vrai: aux yeux de certains musulmans un infidèle touchant le Qur’ân commettrait déjà un sacrilège. Voici peu j’assistais à New-Delhi à un congrès des Religions pour la Paix. Des délégués admiraient avec moi une récente édition du Coran publiée en Union Soviétique, l’une des plus belles, me sembla-t-il, qu’il m’avait été donné de voir. J’avançais la main pour en noter les références exactes, quand son détenteur, un imam pakistanais, retira son Livre, m’empêchant ainsi de le souiller.

 

        C’est dire avec quel respect de toutes ces opinions,le traducteur moderne du Qur’ân doit présenter sa version et ses commentaires. L’inimitabilité du Qur’ân, sa perfection, voire son éternité le mettent de soi au dessus de toute atteinte. Reste le fond et le sens inaltérables d’une oeuvre qui, dans sa version originale, a fondé une religion nouvelle. Celle-ci continue d’étendre son empire sur des centaines de millions de croyants répartis en Asie, en Afrique, en Europe et en Amérique. Le Qur’ân est devenu la source première du droit musulman, la Shari‘at, de sa théologie, tandis que sa langue et même sa graphie se répandent hors des limites géographiques de son berceau, l’Arabie.

 

        Dès ses origines, cette religion donna naissance à une civilisation nouvelle, créatrice de valeurs, de sciences et d’oeuvres artistiques nouvelles qui enrichissent, à peine née, le patrimoine commun de l’humanité.

 

        La témérité qui est la nôtre en publiant la présente version commentée du Coran, se situe dans la logique et la continuité de ma traduction de la Bible et du Nouveau Testament. Né dans un pays musulman, à Aïn-Témouchent en Algérie, le Qur’ân était pour moi une présence concrète dans mon village et dans ma rue. Il a nourri ma pensée et mes curiosités dès mon enfance, plusieurs de mes maîtres musulmans m’ayant fait partagé leurs émerveillements dès mon adolescence.

 

        L’inspiration de Muhammad se situe, il le proclame à maintes reprises dans le droit fil de celle de la Bible. À certains égards la langue même du Coran est plus proche de l’hébreu biblique que de l’arabe contemporain. De ce point de vue aussi, il n’était peut-être pas inutile d’entreprendre, de nos jours, une nouvelle interprétation d’un monument littéraire d’une importance universelle né de nos mêmes racines.

 

        Plus d’une fois, j’entends des chrétiens ou même des hébreux me poser la question suivante: puisque la Bible hébraïque et le Nouveau Testament existent, pourquoi le Coran ? La réponse à cette interrogation se trouve dans l’histoire. Lorsque Muhammad apparaît, le judaïsme comme le christianisme sont en pleine crise, dans le monde entier, et plus spécialement peut-être en Arabie. Les minuscules communautés rivales de Juifs et de Chrétiens établies à la Mecque ou à Médine sont loin de représenter alors les plus hautes valeurs de leurs religions. Les Hébreux viennent de clore en Palestine et en Mésopotamie la rédaction du Talmud. Les épreuves de leur Exil subi depuis le premier siècle, leur laisse à peine assez de force pour se survivre, en se refermant sur eux-mêmes afin de préserver leurs racines. Ils doivent se défendre contre le polythéisme triomphant en Arabie et contre la tentation du christianisme.

 

        En 632, quand Muhammad s’éteint à Médine, la chrétienté est veuve de ses plus grands docteurs: Augustin a écrit sa Cité de Dieu en 420, Saint Benoît a composé sa Règle ayant fondé le Monastère du Mont Cassin vers 530; Grégoire le Grand est mort en 604, six ans avant que Muhammad ne reçoive sa première illumination. Le monde est dominé par Héraclius enpereur des Romains de 610 à 641 tandis que Kosroès II, roi d’Iran, règne à Antioche en 610 et à Jérusalem en 614. L’Arabie est spirituellement un désert dont la carte de cette époque reste à peu près inconnue de nous. La grande voix de Muhammad, en se faisant entendre, entre en concurrence avec les polythéistes triomphants davantage qu’avec les chrétiens et les juifs, certainement marginalisés en Arabie, notamment à la Mecque, au Hidjaz, le long de la mer Rouge, la patrie du Prophète.

 

        Celui-ci naît ainsi dans un pays désertique que sa prédication reflète. Il se dresse d’abord contre les Arabes idolâtres, polythéistes qui adoraient en leurs temples de multiples divinités réunies dans la Ka‘bat, cette Maison d’Allah, un cube haut de 15 mètres sur 12 de longueur et 10 de largeur, qui demeure de nos jours le premier centre spirituel de l’Islam.

 

        Installé à Médine depuis 622, Muhammad, le Prophète d’Allah, à la tête de 300 soldats de l’Islam remporte une première victoire sur les polythéistes au nombre d’un millier en 624, à Badr (S. 3.121.127). En 625, les musulmans subissent la défaite de Uhud, où Muhammad est blessé et son oncle Hamza tué (Sourate 3.165-172).

 

        La bataille du Fossé, en 627, marque l’événement principal qui ouvre la voie à la conquête de l’Arabie par les soldats de l’Islam, au nombre de 10000, commandés par Abu Saïfan. La conquête de l’oasis fortifiée de Khaïbar prise aux juifs, en 629, précède l’occupation de la Mecque et la destruction en 630 de ses 360 idoles ainsi que les statues de Manât à Muchallal et de Al-‘Uzzâ à Nakla.

 

        Abu Bakr parachève en 631 la conquête de l’Arabie par l’Islam triomphant. En 632, an 10 de l’Hégire, les Chrétiens se soumettent à leur tour obtenant, contre paiement d’un tribut, la djizyat, le statut de protégés, ou dimmis, qu’ils partageront avec les Juifs et les Chrétiens dans les « Tentes de l’Écrit », où se reconnaissent les fidèles des religions révélées. Sa mission accomplie (S. 5.3), rongé de fièvre, Muhammad s’éteint auprès de ‘Aïsha, son épouse préférée, le lundi 8 juin 632.

 

        Une incomparable épopée commençait: en douze années, sous l’inspiration d’Allah, Muhammad avait proclamé le Livre que voici, et fondé une troisième religion de l’Unique, l’Islam, soeur parfois ennemie du judaïsme et du christianisme.

 

        Avec la même insistance que la Bible et que le Nouveau Testament, le Qur’ân annonce à ses centaines de millions d’adeptes l’absolue transcendance d’Allah. Il authentifie par la bouche de Muhammad l’héritage spirituel d’Ibrâhim, l’Abraham de la Bible, de Mûssa le Moïse de l’Exode, des Prophètes d’Israël comme de ‘Issa-Jésus et de ses Apôtres, annonciateurs de l’Unique en ses vertus de paix et de justice.

 

        Dans le Qur’ân, l’unicité d’Allah loin d’imposer à l’humanité une uniformité monolithique admet en son essence l’authenticité de la Tora et de l’Évangile antérieurs à Muhammad, prophétiquement dressé contre les passions égocentriques des effaceurs d’Allah. L’aspiration fondamentale du Prophète est d’offrir à la patrie, ou plus exactement à la « matrie des Inspirés », un peuple nouveau, en charge du salut promis par Allah à Muhammad comme aux Prophètes et aux Apôtres d’Israël.

 

        Un souffle apocalyptique traverse le Qur’ân du premier au dernier mot, plus sensible dans sa lecture en arabe, dont les assonances et les rythmes incantatoires sont, en vérité, inimitable. Muhammad s’y affirme en tant qu’inspiré d’Allah, véritable chantre de l’univers, des ciels, de la terre, des mers, du Paradis et de la Géhenne, comme du passé, du présent et de l’avenir d’une humanité vouée à la résurrection des morts et au jugement dernier.

 

        Le lecteur qui entend franchir le seuil du Qur’ân et pénétrer en ce lieu chaque jour hanté par des millions de fronts prosternés, devra oublier son Orient et ses Occidents pour mieux se mêler à la foule blanche des pélerins de l’infini et, vidé de lui-même, se remplir d’une incantation inspirée des ciels. Se réveillant, l’homme se relèvera, déchaussé et revêtu de lumière; il avancera, s’il l’ose, en ce poème incandescent, descendu de la bouche de l’Unique, frontalier, du paradis et de la Géhenne.

 

        Il fraye dans le désert des temps, à la suite de la Tora et de l’Évangile, « en arabe distinct » , un chemin ascendant, ouvert par Abraham, continué par Moïse et par Jésus, sur lequel nous sommes conviés par les voix toujours présentes des prophètes et des apôtres, annonciateurs de l’unité d’amour.

 

        Même si longue est la route, et multiples les trahisons du message essentiel dont les échos n’ont cessé de retentir à travers le monde, l’exigence est de diriger nos regards vers les cîmes et de persévérer sur la route de l’amour, dans la paix.

 

        André CHOURAQUI,

   Jérusalem, printemps 1990.

   

 

        

 

 

La révision synoptique et diachronique de la présente version du Qur’ân a été faite avec le concours du Dr Mahmoud Azab Mohamed, professeur de langues sémitiques et de Coran à l’université d’Al-Azhar au Caire, docteur en Sorbonne, et du R. P. Pierre Lambert, O. P., de la Province de Paris.

 

        Elle a également bénéficié des conseils du professeur Roger Arnaldez, de l’Académie des sciences morales et politiques,  ainsi que de l’apport des traductions et des commentaires classiques de ce Texte fondateur.

 

        Ont participé à la préparation de la présente édition: MM. Jean-Claude Frère, orientaliste, Bruno Lagrange, écrivain, Yves Thoraval, conservateur au département islamique de la Bibliothèque nationale.

 

        Écrite à Jérusalem, elle a également bénéficié des lumières de coranistes éminents, de Beyrouth, du Caire, d’Alexandrie, de Tunis, de Ouargla, d’Alger, d’Oran, de Tlemcen, de Marrakech, de Fès, de Rabat, de Casablanca, jusqu’en ce centre de convergences qu’est Paris, où elle est publiée par les éditions Robert Laffont.

 

   Que tous veuillent accepter la gratitude qui leur est due.

 

 

 

 

SOURATE 1.

 

L’OUVRANTE

AL-FÂTIHAT

 

Al-Fâtihat, l’Ouvrante, entête du Coran, donne la clé qui ouvre toutes les portes de l’Islam. Ce psaume inaugural de la révélation coranique est le seul à devoir être obligatoirement récité par coeur au début de toute prière. Il fait une synthèse parfaite des enseignements du Coran, comme le premier Psaume résumait ceux de la Bible. À ce titre, son premier verset est rappelé au début de chaque sourate, à l’exception de la neuvième. L’Ouvrante forme un tout également désigné sous le titre des « Sept Mathanî » ou litanies. Elle fut proclamée à La Mecque, au début de la prédication de Muhammad, vers 610-611, cinquième selon l’ordre chronologique traditionnel.

 

Chacun de ses mots supporte des montagnes de commentaires accumulés, des siècles durant, en toute terre d’Islam. Le Bismillah, Au nom d’Allah, implique un dogme, capital, celui de l’unicité transcendantale d’Allah, vraie matrice, rahîm, de l’univers qui émane de Lui.

 

Tout homme ne doit désirer qu’Allah seul. La formule Al-Hamdu-li-Llah, la désirance d’Allah, revient cinq fois dans le Coran en tête des sourates 1, 6, 18, 34, 35 et, sous des formes voisines, dans vingt-deux autres sourates.

 

Toute réalité est présente dans les sept versets de cette sourate: Allah, Son Nom, Sa transcendance, Sa souveraineté, mais aussi l’humanité entière, divisée, comme dans les six versets du Psaume premier, en trois catégories distinctes: les justes, les courroucés et les fourvoyés.

 

Sourate 1.

 

L’OUVRANTE

AL-FÂTIHAT

 

Djûz premier

 

Hizb Un

 

1.     Au nom d’Allah,

le Matriciant, le Matriciel.

 

2.     La désirance d’Allah, Rabb des univers,

 

3.     le Matriciant, le Matriciel,

 

4.     souverain au jour de la Créance:

 

5.     Toi, nous te servons,

Toi, nous te sollicitons.

 

6.     Guide-nous sur le chemin ascendant,

 

7.     le chemin de ceux que tu ravis,

non pas celui des courroucés

ni des fourvoyés.

 

 

SOURATE 2.

 

LA GÉNISSE

AL-BAQARAT

 

La sourate 2, la plus longue du Coran, compte deux cent quatre-vingt-six versets. Elle semble dater de la seconde année de l’Hégire, en juillet 622, avant la bataille de Badr, en 624. Elle a été proclamée, dans sa plus grande partie, à Médine, étant ainsi la première des sourates médinoises. L’Islam est déjà devenu une institution dotée d’un culte nouveau, en arabe distinct.

 

Les versets 1 à 19 datent de Médine où Muhammad condamne les polythéistes qui effacent Allah, Sa Parole, Ses prophètes. Les versets 19 à 37 sont traditionnellement considérés comme appartenant à la période mekkoise. Suivent les versets que les données traditionnelles rapportent à l’époque du voyage de La Mecque à Médine puis dans cette ville, devenue le centre de la religion nouvelle.

 

Nous sommes ainsi dans les années tournantes de la vie de Muhammad qui, au Nom d’Allah, prend la tête d’une religion nouvelle. Il affronte ses adversaires, au premier rang desquels se situent les polythéistes, les effaceurs d’Allah, de Ses prophètes, de Sa Parole. À l’époque, il ne désespère pas d’être enfin suivi par ceux qui restent fidèles à la Parole révélée de la Tora et des Évangiles, les Fils d’Israël et les Nazaréens.

 

Sourate 2.

 

LA GÉNISSE

AL-BAQARAT

 

Au nom d’Allah,

le Matriciant, le Matriciel...

 

1.     A. L. M. Alif-Lâm-Mîm.

 

2.     Voilà l’Écrit, dont tout doute est exclu,

guidance des frémissants,

 

3.     ceux qui adhèrent au mystère, élèvent la prière

et prodiguent ce dont nous les pourvoyons.

 

4.     Ils adhèrent à ce qui est descendu vers toi,

et descendu avant toi,

dans la certitude de l’Autre monde.

 

5.     Les voilà sous guidance de leur Rabb,

les voilà, les féconds.

 

6.     Mais voici ceux qui effacent Allah,

il leur est égal que tu les alertes ou non:

ils n’adhèrent pas.

 

7.     Allah a scellé leur coeur, leur ouïe,

et mis un voile sur leurs yeux:

à eux le supplice grandiose !

 

8.     Des humains disent:

« Nous adhérons à Allah et au Jour, l’Ultime ».

Mais ils n’adhèrent pas.

 

9.     Ils veulent tromper Allah et ceux qui adhèrent,

mais ils ne trompent qu’eux-mêmes,

et ne l’admettent pas.

 

10.     À la maladie de leur coeur,

Allah ajoute une maladie,

le supplice terrible qu’ils nient.

 

11.     Quand il leur est dit: « Ne corrompez pas la terre »,

ils disent: « Voici, nous sommes des Réformateurs. »

 

12.     Or ce sont des corrupteurs,

mais ils ne l’admettent pas.

 

13.     Quand il leur est dit:

« Adhérez comme adhèrent les hommes »,

ils disent:

« Adhérerons-nous comme adhèrent les insensés ? »

Or ce sont eux, les insensés,

mais ils ne le savent pas !

 

14.     Rencontrant ceux qui adhèrent, ils disent:

« Nous adhérons. »

Mais seuls avec leurs Shaïtâns, ils disent:

« Nous sommes avec vous. Avant, nous nous moquions ! »

 

15.     Mais Allah se moque d’eux:

Il les maintient dans leur révolte, aveugles.

 

16.     Ceux-là ont troqué la guidance contre le fourvoiement.

Mais leur trafic sera sans profit: ils ne sont pas guidés.

 

17.     Leur cas est à l’exemple de ceux qui allument un feu,

qui les éclaire autour,

mais Allah emporte leur lumière

et les laisse dans les ténèbres: ils ne voient rien.

 

18.     Sourds, muets, aveugles, ils ne font pas retour.

 

19.     Ou c’est comme une trombe du ciel

avec ténèbres, tonnerre, éclairs.

Ils se mettent les doigts dans les oreilles,

contre le fracas, par crainte de la mort.

Allah cerne les effaceurs !

 

20.     L’éclair leur ôte la vue.

Dès qu’il les illumine, ils marchent,

mais quand la ténèbre survient, ils s’arrêtent.

Quand Allah le décide, Il leur ôte l’ouïe et la vue,

Voici, Allah, sur tout, puissant.

 

21.     Ohé, les humains,

servez votre Rabb qui vous a créés,

vous et ceux d’avant vous.

Peut-être frémirez-vous.

 

22.     Celui qui met pour vous la terre comme un lit

et le ciel comme un édifice,

fait descendre l’eau du ciel

dont il produit des fruits,

en provende pour vous.

Ne donnez pas d’égal à Allah,

vous qui savez.

 

23.     Si vous doutez

de ce que nous avons fait descendre sur notre serviteur,

produisez une sourate semblable aux siennes !

Appelez vos témoins, sauf Allah, si vous êtes véridiques.

 

24.     Si vous ne le faites pas ­ et vous ne le ferez pas ­,

frémissez du Feu

dont hommes et pierres sont les aliments.

Il est préparé pour les effaceurs.

 

25.     Annonce à ceux qui adhèrent et sont intègres

qu’il est pour eux des jardins

sous lesquels courent des fleuves.

Chaque fois qu’ils sont pourvus

d’un de leurs fruits en provende,

ils disent: « Cela, nous en étions jadis déjà pourvus. »

Or, là, ils en auront de semblables.

Là, ils demeureront en permanence

avec des épouses purifiées.

 

Quart du Hizb Un

 

26.     Voici, Allah ne dédaigne pas de donner en exemple

un moucheron ou plus encore.

Ceux qui adhèrent

connaissent la vérité venue de leur Rabb.

Mais les effaceurs disent:

« Que veut dire Allah par cet exemple ? »

Par lui, Il en fourvoie ou en guide beaucoup,

mais Il ne fourvoie que les dévoyés.

 

27.     Ceux qui rompent le pacte d’Allah, après son alliance,

tranchent ce qu’Allah ordonne de lier.

Ils corrompent la terre et sont perdants.

 

28.     Comment effaceriez-vous Allah ?

Vous étiez morts, Il vous a donné vie,

puis Il vous fera mourir

et puis Il vous revivifiera:

vers Lui vous reviendrez.

 

29.     Il a créé pour vous tout ce qui est sur terre,

puis Il s’est élevé aux ciels

harmonisés par Lui en sept ciels,

Il sait tout, Lui.

 

30.     Quand ton Rabb a dit aux Messagers:

« Me voici, je mettrai sur terre un calife »,

ils ont dit: « Y mettras-tu quelqu’un pour la corrompre

et y répandre le sang,

quand nous, consacrés à Toi, nous glorifions ta désirance ? »

Il dit: « Me voici, je sais ce que vous ne savez pas. »

 

31.     Il enseigne à Adam les noms, tous,

puis Il les présente aux Messagers.

Il dit: « Proclamez leurs noms, si vous êtes véridiques ! »

 

32.     Ils ont dit: « Gloire à Toi.

Nous ne savons rien,

sauf ce que tu nous enseignes:

te voici, toi, le Savant, le Sage ! »

 

33.     Il dit: « Ohé, Adam,

proclame leurs noms. »

Quand il proclame leurs noms, Il dit:

« Ne vous l’avais-je pas dit ?

Je connais le mystère des ciels et de la terre:

je sais ce que vous manifestez et ce que vous cachez. »

 

34.     Quand nous avons dit aux Messagers:

« Prosternez-vous devant Adam »,

ils se sont prosternés, mais Iblîs a refusé,

il s’est enflé, étant parmi les effaceurs.

 

35.     Nous disons: « Ohé, Adam,

habite le Jardin avec ton épouse.

Mangez à satiété, comme vous le déciderez.

Mais n’approchez pas de cet arbre:

vous seriez parmi les fraudeurs. »

 

36.     Alors le Shaïtân les précipite

et les expulse de là où ils étaient.

Nous disons: « Descendez en ennemis, parti contre parti.

Vous n’aurez, sur terre,

séjour et jouissance que pour un temps. »

 

37.     Adam reçoit les paroles de son Rabb,

puis il retourne vers Lui,

le voici, Lui, le Conciliateur, le Matriciel.

 

38.     Nous disons: « Descendez tous de là.

Guidance de moi vous parviendra.

Ceux qui suivront la guidance

seront sans crainte,

et ne s’affligeront pas.

 

39.     Ceux qui effacent et nient nos Signes,

seront les Compagnons du Feu, là, en permanence. »

 

40.     Ô Fils d’Isrâ’îl,

commémorez les ravissements dont je vous ai ravis,

acquittez-vous de mon pacte, je m’acquitterai du vôtre.

Redoutez-moi.

 

41.     Adhérez à ce que j’ai fait descendre,

pour authentifier ce qui est avec vous.

N’en soyez pas les premiers effaceurs,

ne troquez pas mes Signes à vil prix.

Frémissez de moi.

 

42.     N’habillez pas de mensonge la vérité.

ne cachez pas la vérité,

vous qui savez.

 

43.     Élevez la prière, donnez la dîme,

prosternez-vous avec les prosternés.

 

Moitié du Hizb Un

 

44.     Ordonnerez-vous aux humains la transparence,

alors que vous l’oubliez pour vos êtres,

vous qui scandez l’Écrit ?

Ne le discernez-vous pas ?

 

45.     Sollicitez constance et prière,

trop démesurées, sauf pour les humbles,

 

46.     ceux qui pensent rencontrer leur Rabb

et revenir vers Lui.

 

47.     Ô Fils d’Isrâ’îl,

commémorez le ravissement dont je vous ai ravis,

en vous favorisant plus que les univers.

 

48.     Frémissez du jour où personne ne subrogera personne,

où nulle intercession ne sera reçue,

nulle compensation admise,

nul n’étant secouru.

 

49.     Quand nous vous avons délivrés de la gent de Pharaon,

ils vous infligeaient les maux du supplice.

Ils faisaient égorger vos fils,

laissant survivre vos femmes:

c’était l’épreuve grandiose de votre Rabb.

 

50.     Quand nous avons fendu pour vous la mer,

nous vous avons sauvés,

nous avons englouti la gent de Pharaon:

vous l’avez vu !

 

51.     Quand nous avons fait le pacte avec Mûssa,

quarante nuits,

loin de lui, vous avez pris le Veau,

vous, des fraudeurs.

 

52.     Puis nous vous avons pardonné,

peut-être le reconnaîtrez-vous.

 

53.     Et nous avons donné à Mûssa l’Écrit et le Critère:

peut-être serez-vous guidés.

 

54.     Quand Mûssa dit à son peuple: « Ô, mon peuple,

vous vous lésez en prenant le Veau:

retournez à votre Créateur »,

 

55.     vous avez dit: « Ô, Mûssa,

nous n’adhérerons pas à toi

tant que nous n’aurons pas vu Allah, directement »,

mais la foudre vous a atteints, vous l’avez vu.

 

56.     Nous vous avons ressuscités de votre mort,

peut-être le reconnaîtrez-vous.

 

57.     Nous avons élevé au-dessus de vous le nuage

et fait descendre sur vous

la manne et les cailles:

« Mangez des biens dont nous vous pourvoyons ! »

Ils ne nous ont pas lésés,

se lésant eux seuls.

 

58.     Quand nous avons dit:

« Entrez dans cette cité

et mangez comme vous le déciderez, à satiété,

entrez par la porte, prosternez-vous, et dites: ‹ Pardon ! ›,

nous effaçons vos fautes, favorisant les excellents. »

 

59.     Ceux qui falsifient le Verbe fraudent,

tronquant ce qui leur a été dit.

Or nous faisons descendre sur ceux qui fraudent

la colère du ciel parce qu’ils sont dévoyés.

 

Trois quarts du Hizb Un

 

60.     Quand Mûssa requiert de l’eau pour son peuple,

nous lui disons: « Frappe le roc de ton bâton. »

En jaillissent douze sources:

tous les hommes savent ainsi où boire.

 

Mangez et buvez de la provende d’Allah

ne pervertissez pas la terre en corrupteurs.

 

61.     Quand vous avez dit: « Ô, Mûssa,

nous ne supportons plus cette seule nourriture.

Implore pour nous ton Rabb,

et qu’il fasse sortir les produits de la terre,

légumes, concombres,

grains, lentilles et oignons ! »,

il a dit: « Échangerez-vous le meilleur contre le pire ?

Redescendez donc en Misr !

Vous aurez là ce que vous demandez. »

Alors l’avilissement et la pauvreté les frappent

avec le courroux d’Allah,

cela parce qu’ils effaçaient les Signes d’Allah,

et tuaient sans droit les Nabis.

Ils se rebellaient ainsi, en transgresseurs.

 

62.     Voici, ceux qui adhèrent,

ceux qui judaïsent, les Nazaréens, les Sabéens,

ceux qui adhèrent à Allah et au Jour ultime,

ceux qui sont intègres:

ils ont pour eux la rétribution de leur Rabb,

ils sont sans crainte et ne seront pas affligés.

 

63.     Nous avons fait alliance avec vous

et soulevé la Montagne au-dessus de vous:

« Prenez bien ce que nous vous avons donné

et commémorez ce qui est de Lui.

Peut-être frémirez-vous. »

 

64.     Ensuite vous vous êtes détournés.

Sans la grâce matricielle d’Allah,

vous étiez perdants.

 

65.     Vous connaissez ceux qui, parmi vous,

ont transgressé le Shabbat.

Nous leur avons dit: « Soyez des singes pourchassés ! »

 

66.     Nous les avons donnés en leçon

pour ce qui était devant ou derrière eux,

en avertissement pour les frémissants.

 

67.     Quand Mûssa dit à son peuple:

« Voici, Allah vous ordonne d’immoler une génisse »,

ils ont dit: « Te railles-tu de nous ? »

Il dit: « Je me réfugie chez Allah,

pour ne pas être parmi les ignares ! »

 

68.     Ils ont dit: « Implore pour nous ton Rabb,

qu’Il nous précise comment elle doit être. »

Il dit: « Certes », et il affirme:

« Une génisse entre deux âges, ni vieille ni vierge,

En attendant, faites ce qui vous est ordonné. »

 

69.     Ils ont dit: « Implore pour nous ton Rabb,

qu’Il nous précise sa couleur. »

Il dit: « La voici », et Il affirme:

« Une génisse safran vif,

d’une couleur agréable à voir. »

 

70.     Ils ont dit: « Implore pour nous ton Rabb,

qu’Il nous spécifie encore comment elle doit être.

Pour nous, les vaches se ressemblent.

Mais si Allah le décide, nous serons guidés. »

 

71.     Il dit: « La voici:

une génisse non asservie,

qui n’a pas soulevé la glèbe ni arrosé les labours,

parfaite, sans marque sur elle. »

Ils ont dit: « Tu viens maintenant avec la vérité. »

Ils l’immolent, ayant failli ne pas le faire.

 

72.     Quand vous avez tué un homme, tout en le niant,

Allah a fait apparaître ce que vous cachiez.

 

73.     Nous avons dit: « Frappez le cadavre

avec un membre de la génisse. »

Allah ressuscite ainsi les morts

et vous montre ses Signes.

Peut-être discernerez-vous.

 

74.     Puis vos coeurs se sont endurcis

comme du roc, ou plus durs encore.

Des rocs jaillissent des fleuves,

l’eau les fend et en rejaillit.

D’autres craquent par peur d’Allah:

Allah n’est pas inattentif à ce que vous faites.

 

Hizb Deux

 

75.     Aspirez-vous à ce qu’ils adhèrent à vous ?

À peine une secte entend-elle la parole d’Allah,

que déjà elle l’altère sciemment,

s’éloignant de ce qu’elle en avait compris.

 

76.     Quand ils rencontrent ceux qui adhèrent, ils disent:

« Nous adhérons ! »

Mais quand ils sont seuls, de parti en parti, ils disent:

« Leur raconterez-vous ce qu’Allah vous a dévoilé,

pour qu’ils argumentent contre vous,

auprès de votre Rabb ?

Ne le discernez-vous pas ? »

 

77.     Ne savent-ils pas qu’Allah sait ce qu’ils cachent

et ce qu’ils divulguent ?

 

78.     Parmi eux, des illettrés ne connaissent pas l’Écrit,

sinon par ce qu’ils en imaginent.

 

79.     Aïe, ils écrivent de leurs mains l’Écrit

et disent: « C’est d’Allah ! »

afin de le troquer à vil prix.

Aïe, pour ce qu’écrivent leurs mains,

Aïe, pour ce qu’ils s’acquièrent.

 

80.     Ils ont dit:

« Le Feu ne nous atteindra que peu de jours. »

Dis: « Vous avez fait un alliance avec Allah.

Allah ne changera pas son alliance.

Ou bien direz-vous contre Allah

ce que vous ignorez ? »

 

81.     Cependant, celui qui mal acquiert et que sa faute a cerné,

le voilà parmi les Compagnons du Feu,

là, en permanence.

 

82.     Ceux qui adhèrent et sont intègres,

les voilà parmi les Compagnons du Jardin,

là, en permanence.

 

83.     Quand nous avons fait alliance avec les Fils d’Isrâ’îl:

« Ne servez qu’Allah.

Excellez avec vos deux parents,

avec les proches, les orphelins, les pauvres.

Excellez en vos dires aux humains.

Élevez la prière; donnez la dîme ! »,

Mais vous vous êtes détournés,

sauf quelques-uns parmi vous,

vous, des transfuges.

 

84.     Quand nous avons fait alliance avec vous:

« Ne versez pas votre sang,

ne vous expulsez pas de vos demeures ».

Alors, vous l’aviez accepté; vous en témoignez.

 

85.     Mais voilà, vous vous entre-tuez,

vous expulsez certains d’entre vous de leur demeure,

vous les dominez par le crime et l’iniquité.

S’ils deviennent vos captifs, vous les rançonnez.

Or les expulser, vous est interdit.

Adhérez-vous à une partie de l’Écrit

pour en éliminer une autre ?

Quel sera donc le salaire

de ceux qui, parmi vous, agissent ainsi,

sinon l’opprobre dans la vie de ce monde ?

Au jour du Relèvement, ils seront conduits

au supplice le plus inexorable.

Allah n’est pas inattentif à ce que vous faites.

 

86.     Le supplice de ceux qui troquent l’Autre

contre la vie de ce monde

ne sera pas allégé,

ils ne seront pas secourus !

 

87.     Ainsi nous avons donné l’Écrit à Mûssa

et nous l’avons fait suivre par d’autres Envoyés.

Nous avons donné à ‘Issa, fils de Mariyam,

les preuves, le soutenant par le souffle sacré.

Or chaque fois qu’un Envoyé vous a apporté

ce que vos êtres ne désiraient pas, vous vous êtes enflés,

traitant certains d’entre eux de menteurs,

et, certains, en les tuant.

 

88.     Ils ont dit: « Nos coeurs sont incirconcis ! »

Mais Allah les exècre pour leur effaçage.

Ils adhèrent peu.

 

89.     Un Écrit d’Allah leur est parvenu

pour authentifier ce qu’ils avaient avec eux,

alors qu’ils demandaient la victoire contre les effaceurs.

Mais quand ce qu’ils savent leur est confirmé,

ils l’effacent !

Or l’exécration d’Allah est contre les effaceurs.

 

90.     Ils troquent leurs êtres contre le malheur

en effaçant ce qu’Allah a fait descendre.

Ils rejettent la grâce qu’Allah a fait descendre

sur ses serviteurs qu’Il agrée !

Ils suscitent courroux sur courroux.

Or les effaceurs subissent un supplice asservissant.

 

91.     Quand il leur dit: « Adhérez à ce qu’Allah fait descendre »,

ils disent:

« Nous adhérons à ce qui est descendu sur nous »,

mais ils effacent ce qui est après,

cette vérité qui authentifie ce qui était avec eux.

Dis: « Pourquoi avez-vous tué les Nabis d’Allah ?

Vous adhériez jadis. »

 

Quart du Hizb Deux

 

92.     Mûssa est ainsi venu avec les preuves.

Mais loin de lui, vous avez pris le Veau,

vous, des fraudeurs.

 

93.     Quand Nous avons conclu un pacte avec vous

et soulevé sur vous la Montagne:

« Acceptez de force ce que nous vous donnons.

Entendez ! »,

ils ont dit: « Nous avons entendu, mais nous désobéirons ! »

Alors il leur a fait ingurgiter, dans leur coeur, le Veau,

à cause de leur effaçage.

Dis: « Votre adhérence dresse contre vous le malheur

puisque vous êtes des adhérents ! »

 

94.     Dis: « Selon vous, l’Autre Demeure, chez Allah,

est hors de l’atteinte des hommes.

Souhaitez donc la mort, si vous êtes sincères. »

 

95.     Mais ils ne la souhaiteront jamais,

à cause de ce que commettent leurs mains.

Allah connaît les fraudeurs.

 

96.     Tu trouveras chez eux

les humains les plus excités à vivre

même parmi ceux qui associent.

Tel d’entre eux chérirait de vivre mille ans.

Cependant, d’avoir tant vécu,

ne lui épargnerait pas le supplice,

Allah, le Voyant de ce qu’ils font.

 

97.     Dis: « Qui serait l’ennemi de Djibrîl ? »

Voici, il a fait descendre le Message en ton coeur,

avec la permission d’Allah,

pour authentifier ce qui est entre vos mains,

guidance, annonce pour les adhérents.

 

98.     Qui est l’ennemi d’Allah,

de ses Messagers, de ses Envoyés,

de Djibrîl, de Mîkal ?

Oui, Allah est l’ennemi des effaceurs !

 

99.     Ainsi avons-nous fait descendre pour toi

les Signes de l’évidence,

que seuls les dévoyés effacent.

 

100.     Dès qu’ils concluent un pacte,

une partie d’entre eux le rejette,

mais, la plupart, n’adhèrent pas.

 

101.     Quand un Envoyé d’Allah vient vers eux

pour authentifier ce qui est à eux,

certains parmi ceux à qui l’Écrit a été donné

rejettent l’Écrit d’Allah derrière leur dos,

comme s’ils ne le connaissaient pas.

 

102.     Ils suivent ce qu’avaient proclamé les Shaïtâns

sous le règne de Sulaïmân.

Sulaïmân n’avait rien effacé.

Seuls les Shaïtâns l’avaient fait !

Ils enseignent aux humains la sorcellerie,

ce qui est descendu, à Babel,

sur les deux Messagers, Harût et Marût.

Ils n’instruisent personne avant de dire:

« Voici, nous sommes séduction. N’efface pas ! »

Et ils apprennent d’eux

comment séparer le mari de sa femme.

En cela, ils ne peuvent nuire à personne

sans la permission d’Allah.

Ils apprennent d’eux

ce qui leur est nuisible ou inutile.

Ceux qui troquent leur part dans l’Autre monde,

contre la créature,

savent-ils quel malheur ce troc constitue pour eux ?

S’ils savaient !

 

103.     Or s’ils adhéraient et frémissaient,

leur salaire serait meilleur chez Allah !

S’ils savaient !

 

104.     Ohé, ceux qui adhèrent,

ne dites pas: « Sois notre berger »,

mais dites: « Considère-nous. »

Entendez ! Aux effaceurs d’Allah, un supplice terrible !

 

105.     Ceux qui effacent Allah

parmi les tentes de l’Écrit et les associateurs

n’acceptent pas que descende sur vous

le meilleur de votre Rabb.

Allah privilégie de ses matrices qui il décide,

Allah doté de surabondances grandioses.

 

Moitié du Hizb Deux

 

106.     Nous ne transférons aucun Signe,

nous n’en laissons pas oublier,

sans en susciter un autre, meilleur ou similaire.

Ne le sais-tu pas ?

Allah est puissant sur tout !

 

107.     Ne le sais-tu pas ?

À Allah, le royaume des ciels et de la terre !

Pour vous, sauf Allah, il n’est rien,

ni protecteur ni soutien !

 

108.     Voulez-vous interpeller votre Envoyé

comme Mûssa fut interpellé jadis ?

Qui échange l’Antique parole

contre l’effaçage d’Allah

s’est déjà écarté du milieu du sentier.

 

109.     Parmi les tentes de l’Écrit,

plusieurs souhaiteraient vous exclure de votre adhérence,

en effaceurs d’Allah, jaloux en leurs êtres,

après que la Vérité leur soit apparue.

Pardonnez et réconciliez-vous,

jusqu’à ce qu’Allah survienne avec son ordre,

Allah, sur tout puissant.

 

110.     Élevez la prière, donnez la dîme,

ce bien que vous avancez de vos personnes:

vous le retrouvez en mieux chez Allah.

Voici, Allah, le Voyant de tout ce que vous faites.

 

111.     Ils ont dit: « N’entre au Jardin

que celui qui est Judéen ou Nazaréen. »

Voilà leurs souhaits.

Dis: « Apportez vos preuves, si vous êtes sincères ! »

 

112.     Qui se pacifie devant Allah, Lui, l’Excellent,

a son salaire chez son Rabb:

il est sans crainte et ne sera pas affligé.

 

113.     Les Judéens disent: « Les Nazaréens ne reposent sur rien ! »

Les Nazaréens disent: « Les Judéens ne reposent sur rien ! »

Or ils proclament le même écrit !

Ceux qui ne connaissent rien,

disent comme eux ou de même.

Allah les jugera au jour du Relèvement,

sur leurs divergences.

 

114.     Nul ne fraude davantage que ceux qui,

dans les mosquées d’Allah,

interdisent que son nom soit commémoré

et qui s’efforcent de les dévaster.

Ceux-là ne devraient y entrer qu’avec crainte.

En ce monde, ils subiront l’opprobre,

et dans l’Autre, un supplice grandiose.

 

115.     À Allah, l’Orient et l’Occident;

la face d’Allah se trouve où que vous vous tourniez.

Voici Allah, immense, savant.

 

116.     Et ils disent: « Allah s’est donné un fils: glorifions-le ! »

À Lui le tout des ciels et de la terre:

tous l’adorent.

 

117.     Formateur des ciels et de la terre,

quand Il décrète un ordre,

Il dit seulement: « Sois », et c’est.

 

118.     Ceux qui ne savent pas disent:

« Pourquoi Allah ne nous parle-t-il pas,

ou ne nous donne-t-il pas un Signe ? »

Ainsi disaient ceux qui étaient avant eux:

leurs coeurs sont identiques.

Ainsi nous avons montré

l’évidence des Signes à un peuple convaincu.

 

119.     Nous t’avons envoyé avec la Vérité

en annonciateur, en alerteur:

tu n’auras aucun compte à rendre

pour les compagnons de la Géhenne.

 

120.     Judéens et Nazaréens ne t’agréeront pas

tant que tu ne suivras pas leur doctrine.

Dis: « Voici: la guidance d’Allah est la guidance. »

Si tu suis leurs passions, après avoir connu

ce qui t’est venu d’Allah,

tu n’auras pour toi aucun protecteur ni soutien.

 

121.     Ceux à qui nous avons donné l’Écrit et qui le proclament

dans la vérité de sa proclamation, ceux-là adhèrent.

Ceux qui l’effacent sont perdants.

 

122.     Ô Fils d’Isrâ’îl,

commémorez les ravissements par lesquels je vous ai ravis,

vous favorisant plus que les univers.

 

123.     Frémissez du jour

où personne ne subrogera personne,

où nulle rançon ne sera reçue pour personne,

nulle intercession ne sera admise,

où personne ne sera aidé.

 

Trois quarts du Hizb Deux

 

124.     Quand son Rabb éprouve Ibrâhim

par des paroles et qu’il les accomplit,

Il dit: « Je t’institue Imâm des humains. »

Ibrâhim dit: « Et ma postérité ? »

Il dit: « Ma promesse ne concerne pas les fraudeurs. »

 

125.     Quand nous avons institué la Maison

en lieu de retour et d’amen pour les humains,

« Prenez la place d’Ibrâhim comme lieu de prière. »

Nous avons conclu un pacte avec Ibrâhim et Ismâ‘îl

« Oui, purifiez ma Maison

pour les circulants et les retraitants,

les courbés et les prosternés. »

 

126.     Quand Ibrâhim dit: « Mon Rabb, fais de ce pays un amen,

pourvois ses tentes de fruits, pour ceux qui parmi eux

adhèrent à Allah et au Jour ultime. »

Il dit: « Celui qui efface Allah, je le laisse jouir un peu,

puis je le contrains au supplice du Feu, le pire devenir. »

 

127.     Quand Ibrâhim élève les fondations de la Maison

avec Ismâ‘îl:

« Notre Rabb, reçois-le de nous,

te voici, toi, l’entendeur, le savant !

 

128.     Notre Rabb, pour Toi, fais de nous des pacifiés,

et de notre postérité, une patrie pacifiée,

montre-nous nos rites, retourne vers nous,

te voici, Toi, le Conciliateur, le Matriciel.

 

129.     Notre Rabb suscite parmi eux un Envoyé,

il proclamera pour eux tes Signes,

il leur enseignera l’Écrit et la sagesse, il les purifiera:

te voici, Toi, l’Intransigeant, le Sage.

 

130.     Qui donc repousse la doctrine d’Ibrâhim

s’il n’est un être insensé ?

Nous l’avons choisi en ce monde

et le voilà, dans l’Autre, parmi les Intègres. »

 

131.     Quand son Rabb lui dit: « Pacifie-toi »,

il dit: « Je suis pacifié, pour le Rabb des univers. »

 

132.     Ibrâhim l’a recommandé à ses fils, ainsi que Ya‘qûb:

« Ô mes fils,

voici, Allah choisit pour vous la créance.

Ne mourez pas sans être pacifiés. »

 

133.     Étiez-vous témoins quand la mort s’est présentée à Ya‘qûb,

quand il dit à ses fils:

« Qui servirez-vous après moi ? »

Ils dirent: « Nous servirons ton Allah

et l’Allah de tes pères, Ibrâhim, Ismâ‘îl, et Is’hâq,

Allah l’Unique, nous sommes pour Lui des pacifiés. »

 

134.     Cette patrie est déjà passée.

À elle son acquis. À vous votre acquis.

Vous ne serez pas questionnés sur ce qu’ils faisaient.

 

135.     Ils ont dit: « Soyez Judéens ou Nazaréens,

vous êtes guidés. »

Dis: « Mais Ibrâhim, un fervent en doctrine,

n’était pas parmi les associateurs. »

 

136.     Dites: « Nous adhérerons à Allah,

à ce qui est descendu vers nous,

et descendu sur Ibrâhim,

Ismâ‘îl, Is’hâq, Ya‘qûb et les tribus,

donné à Mûssa et à ‘Issa,

donné aux Nabis de leur Rabb.

Nous n’écartons aucun d’entre eux,

nous sommes pacifiés en Lui.

 

137.     S’ils adhèrent à quoi vous adhérez,

ils sont déjà guidés.

Mais, quand ils se détournent, les voilà dans le schisme:

Allah te suffit contre eux,

Lui, l’entendeur, le savant.

 

138.     À la couleur d’Allah !

Quoi de plus excellent que la couleur d’Allah ?

Nous sommes pour lui des serviteurs.

 

139.     Dis: « Contesterez-vous avec nous, contre Allah,

Lui, notre Rabb et votre Rabb ?

À nous, nos actions, à vous vos actions,

nous sommes intègres pour Lui. »

 

140.     Ou bien direz-vous qu’Ibrâhim, Ismâ‘îl, Is’hâq, et les tribus

étaient des Judéens ou des Nazaréens ?

Dis: « Qui est le plus savant, vous ou Allah ?

Qui fraude davantage que le dissimulateur

d’un témoignage d’Allah ?

Allah n’est pas inattentif à ce que vous faites. »

 

141.     Voici une matrie qui est déjà passée;

à elle son acquis, à vous votre acquis.

Vous ne serez pas questionnés sur ce qu’ils faisaient.

 

Fin du Djûz premier

 

Djûz deuxième

 

Hizb Trois

 

142.     Les insensés, parmi les hommes, disent:

« Qui donc les a détournés de leur Qibla ? »

Dis: « L’Orient et l’Occident sont à Allah.

Il guide celui qu’Il veut sur le chemin ascendant. »

 

143.     Ainsi, nous avons fait de vous une matrie médiatrice,

pour que vous soyez en témoins devant les hommes,

et que l’Envoyé soit en témoin devant vous.

Nous avons érigé la Qibla vers laquelle tu te tournes

pour savoir qui suit l’Envoyé

et qui tourne les talons.

C’est important pour ceux qu’Allah guide.

Allah ne perd pas votre amen.

Voici Allah, avec les hommes, serein, matriciel !

 

144.     Souvent nous te voyons tourner ta face vers le ciel.

Nous t’orientons vers la Qibla que tu agrées.

Oriente ta face du côté de la Mosquée Interdite:

où que vous soyez, orientez vos faces de ce côté.

Voici, ceux qui ont reçu l’Écrit

savent qu’il est la vérité de leur Rabb.

Allah n’est pas inattentif à ce qu’ils font.

 

145.     Présenterais-tu tous les Signes

à ceux qui ont reçu l’Écrit,

ils ne s’orienteraient pas vers ta Qibla.

Toi, ne t’oriente pas vers leur Qibla.

Quelques-uns ne suivent pas la Qibla des autres.

Si tu suivais leurs passions,

après ce que tu as reçu de savoir,

tu serais alors parmi les fraudeurs.

 

146.     Ceux à qui nous avons donné l’Écrit le connaissent

comme ils connaissent leurs fils.

Or certains d’entre eux cachent la vérité,

qu’ils connaissent.

 

147.     Vérité de ton Rabb: ne sois pas parmi les sceptiques.

 

148.     Tous ont une manière de s’orienter:

hâtez-vous vers les meilleurs.

Où que vous soyez, Allah viendra vers vous tous.

Voici Allah, sur tout, puissant !

 

149.     D’où que tu sortes,

oriente ta face du côté de la Mosquée Interdite:

telle est la vérité de votre Rabb.

Allah n’est pas inattentif à ce que vous faites.

 

150.     D’où que tu surviennes, oriente ta face

du côté de la Mosquée Interdite.

Où que vous soyez, orientez vos faces de son côté.

Les hommes seront sans arguments contre vous,

sauf ceux qui fraudent parmi eux.

Ne tremblez pas d’eux: redoutez-moi.

J’accomplirai mon ravissement en vous,

Peut-être serez-vous guidés.

 

151.     Nous vous avons dépêché un Envoyé issu de vous:

il scanda pour vous nos Signes,

il vous purifie, vous fait connaître

l’Écrit et la sagesse,

vous fait connaître ce que vous ignoriez.

 

152.     Commémorez-moi, je vous commémorerai:

remerciez-moi, ne m’effacez pas.

 

153.     Ohé, ceux qui adhèrent,

sollicitez la constance et la prière:

voici, Allah est avec les constants.

 

154.     Ne dites pas: « Ceux qui ont été tués

dans le sentier d’Allah sont morts. »

Non, ils vivent, mais vous ne le discernez pas.

 

155.     Nous vous éprouverons par un peu de peur, de faim,

ou par une diminution de biens, d’êtres ou de fruits:

annonce-le aux constants.

 

156.     Quand un malheur les atteint, ceux qui disent:

« Nous sommes à Allah, revenons à Lui »,

 

157.     recueillent les prières et les grâces de leur Rabb:

Ils sont guidés.

 

Quart du Hizb Trois

 

158.     Voici, Safâ et Marwât sont des rites d’Allah.

Quiconque fait le Pèlerinage à la Maison,

ou fait la Visite,

pas de grief contre lui quand il circule entre les deux.

Qui oeuvre librement,

voici, Allah, gratificateur, savant.

 

159.     Ceux qui cachent les preuves et la guidance

que nous avons fait descendre

après en avoir précisé

le sens aux hommes, dans l’Écrit,

ceux-là, Allah les exècre,

et ceux qui exècrent les exècrent aussi,

 

160.     sauf ceux qui retournent, sont intègres, et discernent.

Je retourne vers eux,

Moi le Conciliateur, le Matriciel.

 

161.     Voici, ceux qui effacent et meurent en effaceurs d’Allah,

l’exécration d’Allah, des Messagers

et de tous les hommes est sur eux.

 

162.     Ils y durent sans que leur supplice soit allégé,

eux, les non-contemplés.

 

163.     Votre Ilah est Allah, l’Unique.

Pas d’Allah, sauf Lui, le Matriciant, le Matriciel.

 

164.     Depuis la création des ciels et de la terre,

voilà l’alternance des nuits et des jours;

une felouque court sur la mer,

avec ce qui est utile aux hommes;

Allah fait descendre du ciel,

l’eau dont il vivifie la terre morte,

là où toutes les bêtes sont dispersées.

Les tourbillons du vent,

les nuages propices

entre ciel et terre,

sont autant de Signes pour le peuple qui discerne.

 

165.     Parmi les hommes, certains prennent, hors d’Allah,

des parèdres qu’ils aiment comme de l’amour d’Allah.

Mais ceux qui adhèrent,

plus fort est leur amour d’Allah.

Ceux qui fraudent, s’ils voyaient,

verraient le supplice,

et que la force est à Allah:

voici Allah, terrible au supplice.

 

166.     Alors, les suivis se dégageront des suiveurs,

ils verront le supplice;

leurs liens seront tranchés.

 

167.     Les suiveurs diront: « Si la rétractation était possible,

nous nous dégagerions d’eux

comme ils se sont dégagés de nous. »

Ainsi Allah leur fera voir leurs actes:

Quelle détresse pour eux !

Mais ils ne sortiront pas du Feu.

 

168.     Ohé, les hommes,

mangez de ce qui, sur terre, est licite et bon.

Ne suivez guère les pas du Shaïtân.

Le voici, il est pour vous un ennemi évident.

 

169.     Le voici, il vous ordonne le mal, le vice,

et de dire d’Allah ce que vous ne savez pas.

 

170.     Quand il leur est dit: « Suivez ce qu’Allah fait descendre »,

ils disent: « Non, nous suivons et trouvons

ce à quoi nos pères se sont conformés. »

Mais si leurs pères étaient à ne rien discerner,

ils resteront des non-guidés.

 

171.     Ceux qui effacent Allah sont à l’exemple

de quelqu’un qui vocifère

contre celui qui n’entend rien,

ni une imploration ni une invective.

Sourds, muets, aveugles, ils ne discernent pas.

 

172.     Ohé, ceux qui adhèrent,

nourrissez-vous des biens dont nous vous pourvoyons.

Remerciez Allah, si vous le servez.

 

173.     Voici, Il vous interdit

la charogne, le sang, la viande de porc,

et ce qui est immolé pour tout autre qu’Allah.

Mais pour qui y est contraint,

sans concupiscence ni agressivité,

voici, Allah, indulgent, matriciel.

 

174.     Voici, ceux qui dissimulent l’Écrit qu’Allah fait descendre

et le troquent à vil prix,

ceux-là ne digéreront, dans leur ventre, que du Feu.

Allah ne leur parlera pas, au jour du Relèvement,

Il ne les purifiera pas:

à eux le violent supplice.

 

175.     Ce sont des troqueurs

de la guidance contre le fourvoiement,

du pardon contre le supplice !

Qui leur fera supporter le Feu ?

 

176.     Allah a fait descendre l’Écrit avec la vérité.

Ceux qui divergent de l’Écrit sont en un schisme extrême !


Moitié du Hizb Trois

 

177.     La ferveur ne consiste pas à orienter vos faces

en direction de l’Orient ou de l’Occident.

La ferveur pour qui adhère à Allah,

au Jour ultime, aux Messagers, à l’Écrit, aux Nabis,

c’est de donner ses biens,

malgré l’amour qu’on leur porte,

aux proches, aux orphelins, aux pauvres,

aux pèlerins, aux mendiants,

et pour le rachat d’esclaves.

Ceux qui élèvent la prière et donnent la dîme,

ceux qui respectent leur pacte

quand ils ont pactisé,

les constants dans le malheur et la pauvreté,

au moment du malheur,

ceux-là sont des justes.

Voilà les frémissants !

 

178.     Ohé, ceux qui adhèrent,

en cas de meurtre, le talion vous est prescrit:

homme libre pour homme libre,

esclave pour esclave,

femme pour femme.

À qui rémission d’une dette est faite, par son frère

paiement aura lieu, avec des facilités.

Cette réduction de peine est permise

par grâce de votre Rabb.

Mais ensuite, pour tout récidiviste

un supplice terrible.

 

179.     Pour vous, le talion sauvegarde la vie,

ô vous, dotés d’un coeur.

Peut-être frémirez-vous.

 

180.     Quand la mort se présente à l’un de vous,

s’il laisse un avoir, un testament est prescrit

pour les parents et les proches, selon l’usage:

c’est de droit pour les frémissants.

 

181.     Qui modifie un testament,

après en avoir entendu les termes,

commet un crime.

Contre ceux qui l’auront modifié,

voici, Allah, entendeur, savant.

 

182.     Celui qui redoute une erreur ou une injustice du testateur

arbitrera entre les héritiers, sans injustice pour personne.

Voici, Allah, indulgent, matriciel.

 

183.     Ohé, ceux qui adhèrent,

le jeûne vous est prescrit

comme il a été prescrit à ceux d’avant vous.

Peut-être frémirez-vous.

 

184.     Celui qui, parmi vous, est malade ou en voyage,

décompte ces jours.

Prévois pour lui un même nombre d’autres jours de jeûne.

Pour ceux qui le peuvent, un rachat est possible

s’ils nourrissent des pauvres.

Qui offre plus, tant mieux pour lui.

Mais jeûnez, c’est mieux pour vous !

Ah, si vous saviez !

 

185.     L’Appel, al-Qur’ân,

est descendu au mois de Ramadân,

guidance pour les hommes,

évidence de la Guidance et du Critère.

Celui qui parmi vous est témoin de la nouvelle lune,

qu’il jeûne.

Celui qui est malade ou en voyage:

qu’il jeûne un même nombre d’autres jours.

Allah veut pour vous l’aisance, il ne veut pas la gêne:

vous parachèverez le nombre de vos jours,

et magnifierez Allah en ce qu’il vous guide.

Peut-être le reconnaîtrez-vous.

 

186.     Quand mes serviteurs t’interrogent sur moi:

« Je suis proche, je réponds à l’appel de qui appelle

quand il m’appelle et attend réponse de moi.

Qu’ils adhèrent à moi.

Peut-être seront-ils redressés. »

 

187.     Les nuits de jeûne,

il vous est permis de cohabiter avec vos épouses.

Elles sont une vêture pour vous,

vous êtes une vêture pour elles.

Allah sait quand vous trahissez vos êtres:

mais Il retourne vers vous et vous pardonne.

Maintenant, réjouissez-les, veuillez ce qu’Allah prescrit:

mangez et buvez jusqu’à ce que vous puissiez

distinguer un fil blanc d’un fil noir,

à la lumière de l’aube.

Puis poursuivez le jeûne jusqu’à la nuit.

Ne les réjouissez pas quand vous serez

retirés dans la Mosquée.

Telles sont les bornes d’Allah;

ne vous en approchez pas.

Allah fait distinguer ainsi ses Signes aux hommes.

Peut-être frémiront-ils.

 

188.     Ne dilapidez pas vos biens, entre vous, à tort,

en les distribuant à des notables,

dans le but d’engloutir une part des biens d’autrui.

Vous, vous savez.

Trois quarts du Hizb Trois

 

189.     Ils t’interrogent sur les lunaisons.

Dis: « Ce sont des repères

pour les hommes et pour le pèlerinage ! »

La ferveur ne consiste pas à venir

dans les maisons par-derrière.

La ferveur c’est d’être plein de frémissement.

Entrez dans les maisons par les portes.

Frémissez d’Allah.

Peut-être serez-vous fécondés.

 

190.     Combattez dans le sentier d’Allah ceux qui vous combattent.

Ne transgressez rien: Allah exècre les transgresseurs.

 

191.     Tuez-les là où vous les rencontrez,

expulsez-les d’où ils vous auront expulsés.

La sédition est plus grave que le combat.

Ne les combattez pas dans la Mosquée Interdite

tant qu’ils ne vous y combattront pas.

S’ils vous combattent, tuez-les.

Voilà le salaire des effaceurs d’Allah.

 

192.     S’ils s’arrêtent,

voici, Allah, indulgent, matriciel.

 

193.     Combattez-les jusqu’à la fin de toute sédition

et que créance soit d’Allah.

S’ils s’arrêtent,

l’hostilité ne se poursuivra que contre les fraudeurs.

 

194.     À mois interdit, mois interdit.

Pour les interdits, le talion.

Toute transgression contre vous,

vaut transgression contre Lui,

dans la mesure de la transgression contre vous.

Frémissez d’Allah !

Sachez qu’Allah est avec les fervents.

 

195.     Prodiguez vos biens dans le sentier d’Allah.

Ne vous jetez pas, de vos mains, dans la perdition.

Excellez: Allah aime les excellents.

 

196.     Accomplissez le Pèlerinage et la Visite, pour Allah.

Si vous êtes empêchés, ayez l’aisance d’une offrande.

Ne vous rasez pas la tête

avant que l’offrande ne soit parvenue à son lieu.

Celui d’entre vous qui est malade

ou souffre d’un mal de tête

se rachètera par des jeûnes, des aumônes ou un sacrifice.

Qui usera de la Visite jusqu’au Pèlerinage,

la quiétude revenue, ne se soustraira pas à l’offrande.

Qui ne trouve pas d’offrande

fera un jeûne de trois jours, durant le Pèlerinage,

et de sept à son retour, soit dix jours entiers.

Cela pour qui n’a pas de parenté

dans la Mosquée Interdite.

Frémissez d’Allah.

Voici Allah terrible au châtiment.

 

197.     Le Pèlerinage se fait aux mois connus !

Qui fait le Pèlerinage

ne cohabite pas, ne faute pas,

ne controverse pas pendant son Pèlerinage.

Quelque bien que vous fassiez, Allah le sait.

Approvisionnez-vous,

et de la meilleure des provisions, le frémissement !

Frémissez de moi, ô vous, dotés d’un coeur.

 

198.     Nul grief contre vous, si vous sollicitez

la grâce de votre Rabb.

Quand vous refluez de ‘Arafât

commémorez Allah au Taillis Interdit,

commémorez-le, comme il vous a guidés:

oui, vous étiez alors parmi les fourvoyés.

 

199.     Puis déferlez du lieu d’où déferlent les hommes,

et faites-vous absoudre par Allah.

Voici, Allah, indulgent, matriciel.

 

200.     Quand vous aurez parachevé votre immolation,

commémorez Allah comme vous commémorez vos pères,

d’une plus intense commémoration.

Parmi les hommes, l’un dit:

« Notre Rabb, en ce monde, donne-nous tout. »

Mais celui-là n’aura pas de part dans l’Autre !

 

201.     Parmi eux, l’un dit:

« Notre Rabb, donne-nous des biens de ce monde

et des biens dans l’Autre aussi:

épargne-nous le supplice du Feu. »

 

202.     Ceux-là auront la part acquise par eux:

Allah est prompt au compte !

 

Hizb Quatre

 

203.     Commémorez Allah pendant les jours dénombrés.

Qui se hâte pendant les deux jours,

pas d’injustice à lui reprocher.

Qui s’attarde, pas d’injustice, s’il frémit.

Frémissez d’Allah.

Sachez-le: vous serez réunis à Lui.

 

204.     Parmi les hommes, l’un dit ce qu’il te plaît d’entendre

sur la vie de ce monde;

il prend Allah pour témoin de ce qui est en son coeur,

mais c’est le plus acharné des querelleurs.

 

205.     Quand il s’en retourne, il parcourt le pays,

ravage et détruit labours et bétail:

or Allah n’aime pas le ravage.

 

206.     Quand il lui est dit: « Frémis d’Allah ! »,

l’orgueil inique s’empare de lui:

Mais la Géhenne lui suffira, l’horrible grabat.

 

207.     Parmi les hommes, l’un se rachète

selon le vouloir et l’aspiration d’Allah,

Allah suave aux serviteurs !

 

208.     Ohé, ceux qui adhèrent,

entrez dans la paix, entièrement,

ne suivez pas les traces du Shaïtân,

il est votre ennemi invétéré !

 

209.     Si vous trébuchez après avoir reçu les preuves,

sachez qu’Allah est puissant, sage.

 

210.     Qu’attendent-ils, sinon qu’Allah vienne à eux

dans l’ombre des nuées avec les Messagers ?

L’ordre est prescrit et tout ordre revient à Allah.

 

211.     Demande aux Fils d’Isrâ’îl combien de Signes

des Signes évidents ­ nous leur avons donnés ?

Qui troquerait les ravissements d’Allah

après les avoir reçus ?

Voici, Allah est inexorable au châtiment.

 

212.     La vie de ce monde est belle pour ceux qui effacent.

Ils se gaussent de ceux qui adhèrent,

mais ceux qui frémissent seront au-dessus d’eux

le jour du Relèvement,

Allah pourvoit qui il décide, sans compter.

 

213.     Les hommes constituaient une seule patrie.

Pour elle, Allah a suscité les Nabis,

annonciateurs et alerteurs.

Il a fait descendre sur eux l’Écrit avec la vérité,

pour arbitrer les divergences entre les hommes.

Mais n’en ont divergé, en transgression de leur part,

que des frémissants qui avaient déjà reçu des preuves.

Allah guide ceux qui adhèrent

par sa permission,

pour qu’ils ne divergent pas de la vérité.

Allah guide qui il décide sur le chemin ascendant.

 

214.     Pensez-vous entrer au Jardin

sans qu’il vous donne de rencontrer,

comme à ceux qui étaient venus avant vous,

la ruine et les calamités qui les ébranlèrent ?

L’Envoyé et ceux qui adhéraient à lui dirent:

« À quand la délivrance d’Allah ? »

Mais la délivrance d’Allah n’est-elle pas proche ?

 

215.     Ils te questionnent sur ce qu’ils prodiguent.

Dis: « Les biens que vous prodiguez

iront aux deux parents, aux proches, aux orphelins,

aux pauvres, aux pèlerins. »

Voici, Allah connaît le bien que vous faites.

 

216.     Le combat vous est prescrit,

mais vous l’avez en abomination.

Est-il possible que vous abominiez

ce qui est un bien pour vous ?

Est-il possible que vous aimiez

ce qui est un mal pour vous ?

Allah sait, vous ne savez pas.

 

217.     Ils t’interrogent sur le Mois Interdit,

et s’il faut combattre alors ?

Dis: « Combattre alors serait grave. »

Mais écarter du sentier d’Allah,

éliminer et expulser les tentes de la Mosquée Interdite,

serait plus grave devant Allah !

La sédition serait plus grave que le combat.

Ils ne cesseront pas de vous combattre

jusqu’à vous éloigner de votre créance,

s’ils le peuvent.

Celui d’entre vous qui se détourne de sa créance,

meurt en effaceur.

Vaine est leur oeuvre, en ce monde et dans l’autre.

Voilà les compagnons du Feu, là, en permanence.

 

218.     Voici ceux qui adhèrent,

émigrent et luttent dans le sentier d’Allah.

Ils hantent les matrices d’Allah,

Allah, indulgent, matriciel.

 

Quart du Hizb Quatre

 

219.     Ils t’interrogent sur le vin et le jeu.

Dis: « Grave est l’offense des deux,

malgré leur attrait pour les hommes.

Mais leur offense est plus grave que leur attrait. »

Ils t’interrogent: « Que prodiguer ? » Dis: « Le superflu. »

Ainsi Allah vous fait discerner les Signes

pour que vous méditiez

 

220.     sur ce monde et sur l’Autre.

Ils t’interrogent sur les orphelins.

Dis: « L’intégrité envers eux est meilleure.

Si vous les admettez parmi vous, ils sont vos frères. »

Allah distingue le dépravé du parfait.

Si Allah l’avait décidé, il vous aurait affligés.

Voici, Allah, puissant, sage.

 

221.     N’épousez pas les associatrices tant qu’elles n’adhèrent pas.

La servante qui adhère vaut mieux qu’une associatrice,

celle-ci vous plairait-elle davantage.

N’épousez pas les associateurs tant qu’ils n’adhèrent pas.

L’esclave qui adhère vaut mieux qu’un associateur,

celui-ci vous plairait-il davantage.

Ceux-là vous appellent au Feu,

mais Allah vous invite au Jardin,

au pardon, par sa permission.

Il fait discerner ses Signes aux hommes.

Peut-être le commémoreront-ils.

 

222.     Ils t’interrogent sur les menstrues.

Dis: « C’est une souillure ».

Écartez-vous des femmes pendant leurs menstrues,

ne les approchez pas avant qu’elles ne se soient purifiées.

Quand elles sont purifiées, allez à elles

comme Allah vous l’a ordonné.

Voici, Allah aime les conciliateurs, Il aime les purs.

 

223.     Vos femmes sont pour vous un labour.

Allez à votre labour comme vous le voulez.

Progressez en vos personnes.

Frémissez d’Allah:

sachez-le: vous le rencontrerez !

Annonce-le aux adhérents.

 

224.     Ne prenez pas Allah pour prétexte à vos serments.

Oui, soyez intègres, frémissez.

Soyez parfaits parmi les hommes,

Allah, entendeur, savant.

 

225.     Allah ne vous reprendra pas

pour les palabres de vos serments.

Il vous reprendra plutôt

pour ce que vos coeurs acceptent.

Allah, indulgent, longanime.

 

226.     Ceux qui font un serment relatif à leur femme,

attendront quatre mois.

S’ils se dédisent,

Allah, indulgent, matriciel.

 

227.     S’ils confirment la répudiation,

voici, Allah, entendeur, savant.

 

228.     Les femmes répudiées attendront,

trois périodes.

Il ne leur est pas licite

de cacher ce qu’Allah crée dans leur matrice

si elles adhèrent à Allah et au Jour ultime.

Leurs maris sont en droit de les accueillir alors,

s’ils veulent se réconcilier.

Elles ont des droits équivalents à leurs obligations,

selon la justice.

Mais les hommes sont un degré au-dessus d’elles.

Allah, puissant, sage.

 

229.     La répudiation peut avoir lieu deux fois.

L’homme doit alors reprendre la femme, selon la justice,

ou la libérer, selon la décence.

Il ne serait pas licite pour vous de reprendre

ce que vous leur avez donné,

à moins que chacun redoute

de ne pas tenir les bornes d’Allah.

Si vous redoutez de ne pas tenir les bornes d’Allah,

nul grief contre les deux, à ce qu’elle se rachète.

Ne transgressez pas les bornes d’Allah,

Les transgresseurs des bornes d’Allah

sont des fraudeurs.

 

230.     Si l’homme répudie sa femme,

elle n’est plus licite pour lui

avant d’avoir épousé un autre conjoint.

Si celui-ci la répudie, nul grief contre les deux,

s’ils reviennent ensemble,

pour tenir les bornes d’Allah.

Telles sont les bornes d’Allah,

ce qu’Il fait discerner au peuple qui sait.

 

231.     Quand vous répudiez des femmes

et qu’elles atteignent leur terme,

retenez-les, selon l’usage,

ou libérez-les, selon l’usage,

mais ne les retenez pas de force, avec hostilité.

Qui fait cela se lèse.

Ne prenez pas les Signes d’Allah avec raillerie.

Commémorez le ravissement d’Allah, pour vous.

Ce qu’Il fait descendre sur vous

de l’Écrit et de la sagesse vous y exhorte.

Frémissez d’Allah.

Connaissez-le.

Voici Allah savant en tout.

 

232.     Quand vous répudiez vos femmes,

et qu’elles atteignent leur terme,

n’entravez pas leur remariage,

quand ils y ont consenti, selon l’usage.

Celui d’entre vous qui adhère à Allah et au Jour ultime,

est exhorté à faire cela.

Ainsi vous serez plus clairs, plus purs.

Allah sait. Vous ne savez pas.

 

Moitié du Hizb Quatre

 

233.     Les mères allaiteront leurs enfants deux années entières,

si elles veulent un allaitement complet.

Aux pères de les pourvoir en subsistance et vêture,

selon l’usage.

Un être est imposé selon ses possibilités.

Une mère ne subit pas de dommage à cause de son enfant.

Un père ne subit pas de dommage à cause de son enfant.

Il en est de même pour un héritier.

S’ils veulent le sevrage, d’un commun accord,

après s’être consultés, pas de grief contre les deux.

Si vous voulez mettre en nourrice vos enfants,

pas de grief contre vous,

quand vous acquittez ce que vous devez donner,

selon l’usage.

Frémissez d’Allah !

Il voit ce que vous faites.

 

234.     Parmi vous, les épouses de trépassés

font retraite quatre mois et dix jours.

Quand elles atteignent leur terme,

pas de grief contre vous

si elles agissent de leurs personnes,

selon l’usage.

Allah est informé de ce que vous faites.

 

235.     Nul grief contre vous

quand vous courtisez des femmes,

pour ce que vous cachez dans votre coeur.

Allah sait que vous pensez à elles !

Mais ne vous liez pas en secret.

Dites-leur votre promesse, selon l’usage.

Ne décidez pas de liaison conjugale

avant l’expiration du délai prescrit.

Sachez-le:

Allah sait ce qu’il en est de vous.

Tremblez de Lui.

Oui, connaissez-le, Allah indulgent, longanime.

 

236.     Nul grief contre vous si vous répudiez des femmes

avant de les avoir touchées

ou de les avoir dotées.

Faites-leur un cadeau

le généreux selon sa force,

le parcimonieux selon sa force,

en jouissance, selon l’usage,

ou selon le devoir des excellents.

 

237.     Si vous les répudiez avant de les avoir touchées

mais après les avoir dotées d’une dot,

réduisez de moitié leur dot,

à moins qu’elles ne vous en dispensent,

ou que ne vous en dispense

celui qui a puissance de mariage.

Faire dispense est plus proche du frémissement.

N’oubliez pas entre vous la générosité.

Voici, Allah voit ce que vous faites.

 

238.     Gardez bien la prière et la prière médiane.

Levez-vous pour Allah, en adorant.

 

239.     Quand vous avez peur, à pied ou en chevauchant,

adhérez et commémorez Allah, comme il vous l’a appris

quand vous ne saviez pas.

 

240.     Ceux qui, parmi vous, trépassent, laissant des épouses,

pourvoient à leur entretien par un legs pendant un an.

Si elles s’expulsent,

pas de grief contre vous,

si elles disposent d’elles-mêmes selon l’usage,

Allah, puissant, sage.

 

241.     Un pécule est dû aux répudiées,

selon l’usage,

par droit des frémissants.

 

242.     Allah vous précise ainsi ses Signes,

pour que vous discerniez.

 

Trois quarts du Hizb Quatre

 

243.     N’as-tu pas vu ceux qui, par milliers,

sont sortis de leurs maisons, par crainte de la mort ?

Allah leur a dit: « Mourez ! », puis Il les a revivifiés.

Voici, Allah, le détenteur

de grâces pour les hommes.

Mais la plupart des hommes ne le reconnaissent pas.

 

244.     Combattez sur le sentier d’Allah,

connaissez-le, Allah, Lui, entendeur, savant.

 

245.     Qui prête à Allah un prêt excellent

le voit multiplié pour lui de multiples fois.

Allah ferme et ouvre. Vers Lui, vous reviendrez.

 

246.     N’as-tu pas vu le Conseil des Fils d’Isrâ’îl,

quand après Mûssa

ils ont dit à un de leurs Nabis:

« Suscite-nous un roi:

nous combattrons dans le sentier d’Allah. »

Il a dit: « Ne le feriez-vous pas ?

Si le combat vous est prescrit, ne combattriez-vous pas ? »

Ils ont dit: « Pourquoi ne combattrions-nous pas

dans le sentier d’Allah ?

Nous sommes déjà expulsés de nos demeures avec nos fils. »

Mais quand il leur prescrit le combat,

ils détalent, sauf quelques-uns.

Allah connaît les fraudeurs !

 

247.     Leur Nabi leur dit: « Voici, Allah a déjà suscité

pour vous Tâlût pour roi. »

Ils disent: « Serait-ce à lui de régner sur nous ?

Nous avons plus de droit que lui à la royauté:

il n’a guère abondance de biens ! »

Il dit: « Allah l’a élu de préférence à vous,

lui donnant un surcroît de savoir et de taille. »

Allah donne le règne à qui il décide,

Allah, infini, savant.

 

248.     Leur Nabi leur dit: « Voici le Signe de sa royauté:

le coffre viendra vers vous, portant

la Présence de votre Rabb,

les reliques des tentes de Mûssa

et des tentes d’Hârûn portées par des messagers.

Voilà en cela des Signes pour vous,

si vous adhériez. »

 

249.     Quand Tâlût part avec les troupes, il dit:

« Voici, Allah vous éprouvera à la rivière.

Qui y boira ne sera pas des miens.

Qui n’en goûtera pas, sauf en lapant

d’un lapement en sa main, sera des miens. »

Ils y boivent, hormis quelques-uns.

Quand ils la dépassent,

lui et ceux qui adhèrent avec lui, disent:

« Nous serons sans force aujourd’hui

contre Djâlût et ses troupes ! »

Mais ceux qui sont certains d’avoir rencontré Allah disent:

« Souvent troupe légère vainc troupe plus nombreuse,

par permission d’Allah. »

Allah est avec les constants.

 

250.     Quand ils avancent contre Djâlût et ses troupes,

ils disent: « Notre Rabb, répands sur nous la constance.

Affermis nos talons:

nous vaincrons le peuple des effaceurs. »

 

251.     Ils les mettent en déroute par permission d’Allah.

Dâwûd tue Djâlût.

Allah lui donne le règne et la sagesse

Il lui enseigne ce qu’Il décide.

Si Allah ne remplaçait pas certains hommes par d’autres,

la terre serait corrompue.

Allah détient la grâce des univers.

 

252.     Voilà les Signes d’Allah,

nous les scandons sur toi avec la vérité:

Te voilà, parmi les Envoyés.

 

Fin du Djûz deuxième

 

Djûz Troisième

 

Hizb Cinq

 

253.     Nous avons fait surabonder

certains Envoyés plus que d’autres.

Allah a parlé aux uns,

Il a élevé le degré des autres.

Nous avons donné des preuves à ‘Issa fils de Mariyam.

Nous l’avons conforté de souffle sacré.

Si Allah l’avait décidé,

ils ne se seraient pas entre-tués, ultérieurement,

après que les preuves fussent venues à eux.

Mais ils ont divergé entre eux,

certains ont adhéré, certains ont effacé Allah.

Si Allah l’avait décidé,

ils ne se seraient pas entre-tués.

Mais Allah fait ce qu’il décide.

 

254.     Ohé, ceux qui adhèrent,

prodiguez ce dont nous vous avons pourvu,

avant que ne vienne le Jour sans troc,

sans amitié ni intercession.

Les effaceurs d’Allah, voilà les fraudeurs !

 

255.     Allah ! Pas d’Allah sauf Lui, le Vivant, l’Existant.

Somnolence ni sommeil ne l’atteignent.

À Lui, le tout des ciels et de la terre.

Qui donc intercède auprès de Lui, sans sa permission ?

Il connaît ce qui est devant ou derrière eux.

Ils ne gardent de son savoir que ce qu’Il décide.

Il dresse son trône dans les ciels et sur la terre:

maintenir l’ensemble ne l’accable pas,

Lui, sublime, grandiose.

 

256.     Pas de contrainte en créance.

La rectitude est distincte du fourvoiement.

Qui efface Tâghût et adhère à Allah

a déjà saisi l’anse la plus solide:

elle ne se rompra pas,

Allah, entendeur, savant.

 

257.     Allah est le protecteur de ceux qui adhèrent.

Il les sort des ténèbres dans la lumière.

Tâghût est le protecteur de ceux qui effacent Allah,

il les sort de la lumière dans les ténèbres,

eux, les compagnons du Feu, là, en permanence.

 

258.     N’as-tu pas vu qui a argumenté contre Ibrâhim

à cause de son Rabb qui lui avait donné le règne ?

Quand Ibrâhim dit:

« Mon Rabb est celui qui ressuscite et fait mourir »,

il dit: « Moi, je ressuscite et je fais mourir. »

Ibrâhim dit:

« Voici, Allah fait surgir le soleil de l’Orient.

Fais-le donc surgir de l’Occident ! »

Qui efface Allah est confondu.

Allah ne guide pas le peuple des fraudeurs.

 

259.     Ainsi de celui qui passe près d’une cité

déserte, ravagée et dit:

« Comment Allah ressusciterait-il un homme

après sa mort ? »

Allah fait mourir un homme pendant cent ans,

puis Il le ressuscite et lui dit:

« Combien de temps es-tu resté là ? »

Il dit: « Je suis resté là un jour ou moins qu’un jour. »

Il dit: « Non, tu es resté là cent ans.

Regarde ta nourriture et ta boisson:

elles ne se sont pas gâtées.

Regarde ton âne !

Nous avons fait de toi un Signe pour les hommes.

Regarde ces ossements, nous les rassemblons

et les revêtons de chair ! »

Quand cela est évident pour lui, il dit:

« Je sais qu’Allah est fort en tout. »

 

260.     Quand Ibrâhim dit: « Rabb, fais-moi voir

comment tu ressuscites les morts ».

Il dit: « N’adhères-tu donc pas ? »

Il dit: « Oui, mais apaise mon coeur. »

Il dit: « Prends quatre oiseaux auprès de toi, découpe-les,

et mets-les sur chacune des montagnes,

puis appelle-les: ils viendront vite. »

Connaissez-le, Lui, Allah, puissant, sage !

 

261.     Ceux qui prodiguent leurs biens

dans le sentier d’Allah

sont à l’exemple d’un grain qui fait germer sept épis,

chaque épi portant cent grains.

Allah multiplie, au bénéfice de qui Il décide,

Allah, immense, savant.

 

262.     Ceux qui prodiguent leurs biens sur le sentier d’Allah

et ne revendiquent pas ce qu’ils ont prodigué

ne se font pas de tort:

leur rétribution est chez leur Rabb,

sans crainte pour eux, les non-affligés.

 

Quart du Hizb Cinq

 

263.     Une parole convenable et de l’indulgence

sont meilleures qu’une aumône suivie d’un tort:

Allah, magnanime, longanime.

 

264.     Ohé, ceux qui adhèrent,

n’annulez pas vos aumônes par des torts et des dommages,

comme quelqu’un qui prodiguerait ses biens

à la vue des hommes,

mais sans adhérer à Allah ni au Jour ultime.

Ceci est comme un roc recouvert de terre:

l’averse l’atteint, l’érode,

et il ne retient plus rien de ce qu’il reçoit.

Allah ne guide pas le peuple des effaceurs.

 

265.     Ceux qui prodiguent leurs biens

avec la volonté d’agréer à Allah pour se conforter,

sont comme un jardin sur une colline:

l’averse le fertilise et il donne deux fois

le double de sa semence.

Si l’averse ne le fertilise pas, c’est la rosée:

Allah voit ce que vous faites.

 

266.     Parmi vous, qui ne souhaite pas

avoir un jardin de palmiers et de vignes

qui lui donnent de tous les fruits,

avec des fleuves courant sous eux ?

Mais la vieillesse l’atteint

avec de frêles descendants.

Un vent brûlant l’atteint et l’incendie.

Allah vous fait ainsi distinguer les Signes,

afin que vous méditiez.

 

267.     Ohé, ceux qui adhèrent,

prodiguez le meilleur de ce que vous acquérez

et de ce que nous faisons sortir pour vous de terre.

Ne vous tournez pas vers ce qui y est vil pour le prodiguer.

Vous-mêmes ne le prendriez qu’en fermant les yeux.

Connaissez-le: voici Allah magnanime, désirable.

 

268.     Le Shaïtân vous destine à la misère,

il vous subjugue par des obscénités.

Allah vous destine à l’absolution, à la grâce,

Allah, immense, savant.

 

269.     Il procure la sagesse à qui Il décide.

Qui se procure la sagesse

s’est déjà procuré un grand bien.

Qui invoque Allah sans être doté de coeur ?

 

270.     Allah connaît ce que vous prodiguez de prodigalités,

et les voeux que vous vouez.

Pour les fraudeurs, pas de délivrance.

 

271.     Si vous donnez ostensiblement vos aumônes,

c’est bien,

mais si vous vous cachez en les donnant aux pauvres,

vos méfaits sont effacés et c’est mieux pour vous,

Allah, l’Informé de ce que vous faites.

 

272.     Non, ce n’est pas à toi de les guider,

mais Allah guide qui Il décide.

Ce que vous prodiguez de meilleur l’est pour vous-mêmes

Ce que vous prodiguez

ne l’est que par la volonté d’Allah.

Ce que vous prodiguez de meilleur vous sera rendu:

vous ne serez pas lésés.

 

273.     Les pauvres, assiégés sur le sentier d’Allah,

ne peuvent se démener sur terre;

l’ignorant les croit riches à leur apparence.

Ceux-là ne demandent rien aux hommes avec insistance.

Allah connaît ce que vous prodiguez de meilleur !

 

274.     Ceux qui prodiguent leurs biens, nuit et jour,

en secret ou publiquement,

ont leur rétribution chez leur Rabb.

Sans crainte pour eux, ils ne seront pas affligés.

 

275.     Ceux qui se nourrissent d’usure ne se relèveront pas,

sinon comme se relève celui que le Shaïtân

frappe de folie en le touchant.

Cela parce qu’ils disaient:

« Voici, l’usure équivaut à une vente. »

Or Allah permet la vente, mais interdit l’usure.

Celui qui obtempère à la prohibition de son Rabb et cesse,

ses profits antérieurs lui appartiennent:

son cas relève d’Allah.

Mais le récidiviste sera en permanence

avec les compagnons du Feu.

 

276.     Allah élimine l’usure, il fait fructifier l’aumône:

Allah n’aime pas l’effaceur, l’inique.

 

277.     Voici, ceux qui adhèrent sont intègres,

élèvent la prière et donnent la dîme

leur rétribution est chez leur Rabb.

Sans crainte pour eux, ils ne seront pas affligés.

 

278.     Ohé, ceux qui adhèrent,

frémissez d’Allah, renoncez aux profits de l’usure,

si vous êtes des adhérents.

 

279.     Si vous ne le faites pas,

la guerre vous guettera

de la part d’Allah et de son Nabi.

Si vous faites retour,

le capital de vos biens est à vous.

Ne lésez pas, vous ne serez pas lésés.

 

280.     Si un débiteur est dans la gêne,

donnez-lui un sursis, jusqu’à ce qu’il parvienne à l’aisance.

Si vous êtes justes, c’est pour vous le meilleur.

Ah ! Si vous saviez !

 

281.     Frémissez: un jour vous reviendrez à Allah;

alors tout être recevra ce qu’il aura acquis.

Nul ne sera lésé.

 

282.     Ohé, ceux qui adhèrent,

quand vous vous contractez une dette

à terme fixe, écrivez-le.

Qu’un scribe l’écrive, avec scrupule.

Que nul ne refuse d’écrire ce qui doit être écrit,

comme Allah le lui a appris. Qu’il l’écrive !

Que celui à qui en incombe le devoir le dicte,

qu’il frémisse d’Allah, son Rabb.

Qu’il n’en retranche rien.

Si celui à qui en incombe le devoir

est fou, débile ou incapable de dicter,

que son tuteur dicte, avec scrupule.

Faites témoigner deux témoins parmi vos hommes.

S’il n’y a pas deux hommes,

alors un homme et deux femmes,

parmi ceux que vous agréerez serviront de témoins.

Si l’un d’entre eux est défaillant,

l’autre l’aidera à se souvenir.

Que les témoins ne se dérobent pas

quand ils seront appelés.

Ne répugnez pas à écrire un acte,

pour peu ou prou, en fixant son échéance.

C’est plus équitable auprès d’Allah,

plus direct au témoignage, plus apte à écarter le doute.

Si c’est un marché que vous concluez

immédiatement entre vous,

nul grief contre vous si vous ne l’écrivez pas.

Quand vous transigez, requérez un témoignage:

nul ne nuira au scribe ni au témoin.

Si vous le faisiez, vous commettriez une injustice.

Allah savant en tout.

 

Trois quarts du Hizb Cinq

 

283.     En voyage, si vous ne trouvez pas de scribe,

prenez un gage.

Si l’un d’entre vous fait un dépôt,

que le dépositaire s’acquitte du dépôt reçu.

Qu’il frémisse d’Allah, son Rabb.

Ne vous dérobez pas au témoignage.

Voici, qui s’y dérobe est criminel en son coeur.

Allah sait tout ce qu’il vous enseigne.

 

284.     À Allah, le tout des ciels et de la terre !

Que vous manifestiez ce qui est en vous-mêmes,

ou que vous le dissimuliez, Allah vous le compte.

Il pardonne qui Il décide,

Il châtie qui Il décide,

Allah, fort par-dessus tout.

 

285.     L’Envoyé adhère à ce qui descend sur lui de son Rabb.

Tous les adhérents adhèrent à Allah, à ses Messagers,

à ses Écrits, à ses Envoyés.

Nous n’écartons aucun de ses Envoyés.

Ils ont dit: « Nous entendons et nous obéissons ! »

Ton absolution, ô notre Rabb !

À Toi, le devenir !

 

286.     Allah ne charge tout être que de ce qu’il peut porter.

À son actif, ce qu’il s’est acquis,

à son passif, ce qu’il a perpétré.

Notre Rabb, ne nous reprends

que si nous oublions ou fautons.

Ô notre Rabb, ne nous fais pas porter de fardeau

comme tu en as fait porter à nos prédécesseurs.

Ô notre Rabb, ne nous fais porter

que ce que nous pouvons porter.

Fais envoler nos méfaits.

Absous-nous.

Matricie-nous, Toi, notre Maître.

Fais-nous vaincre le peuple des effaceurs.

 

 

SOURATE 3.

 

LA GENT DE ‘IMRÂN

AL-‘IMRÂN

 

Quatre-vingt-neuvième dans l’ordre chronologique, la troisième sourate compte deux cents versets proclamés à Médine. Traditionnellement, elle a été provoquée par la rencontre de l’Envoyé avec un groupe d’une soixantaine de chrétiens conduits par l’évêque Abu Hârita ibn ’Alqama: ceux-ci désiraient situer l’enseignement nouveau par rapport à la foi chrétienne. ‘Imrân, dont cette sourate porte le nom, est ’Amran, petit-fils de Lévi qui eut de sa tante Yokhébèd deux fils, Moïse et Aaron (Ex. 6, 18). Le texte souligne l’homonymie de Myriam, soeur de Moïse et de Marie, mère de Jésus, la fille de ‘Imrân étant l’ancêtre de deux messies, David et Jésus. Certaines sectes expliquaient l’homonymie des deux Myriam en recourant à la métempsycose.

 

Sourate 3.

 

LA GENT DE ‘IMRÂN

AL-‘IMRÂN

 

Au nom d’Allah,

le Matriciant, le Matriciel...

 

1.     A. L. M. Alif-Lâm-Mîm.

 

2.     Allah ! Pas d’Ilah sauf Lui, le Vivant, l’Existant.

 

3.     Il a fait descendre pour toi l’Écrit avec la vérité,

authentifiant ce qui était entre ses mains,

la Tora et l’Évangile qu’Il a fait descendre jadis,

 

4.     pour guidance des hommes.

Puis il a fait descendre le Critère.

Voici, ceux qui effacent les Signes d’Allah

auront un supplice inexorable.

Allah est l’Intransigeant, doté de vengeance.

 

5.     Rien n’est caché pour Allah

sur terre comme au ciel.

 

6.     Il vous forme dans les matrices, comme Il le décide.

Pas d’Ilah sauf Lui, l’Intransigeant, le Sage.

 

7.     C’est Lui qui fait descendre sur toi l’Écrit,

porteur de Signes confirmés ­ Mère de l’Écrit ­

et d’autres similaires.

Ceux dont le coeur est oblique

suivent l’équivoque, recherchent la dispute,

en quête de controverses.

Nul n’en connaît l’interprétation, sauf Allah.

Les hommes enracinés dans le savoir disent:

« Nous adhérons:

tout est de chez notre Rabb. »

Ne l’invoquent que les êtres dotés d’un coeur.

 

8.     Notre Rabb, ne rends pas obliques nos coeurs

après nous avoir guidés,

donne-nous une grâce venue de Toi,

Te voici, Toi, le donateur.

 

9.     Notre Rabb, te voici,

tu seras le rassembleur des hommes

au Jour dépouillé de tout doute:

Allah ne change pas de promesse.

 

10.     Voici, les biens et les enfants de ceux qui effacent

ne leur sont pas un avantage auprès d’Allah:

ils sont le combustible du Feu.

 

11.     Comme la gent de Pharaon ou d’autres avant eux,

ils nient nos Signes.

Allah les saisit dans leurs crimes,

Allah, inexorable au châtiment.

 

12.     Dis à ceux qui effacent: « Vaincus,

vous serez rassemblés dans la Géhenne,

le pire des grabats. »

 

13.     Voici pour vous un Signe:

deux troupes se rencontrent,

l’une combat sur le sentier d’Allah.

Dans l’autre, des effaceurs la voient,

deux fois plus nombreuse.

D’un coup d’oeil, Allah aide

ainsi à la délivrance de qui Il décide:

les dotés de clairvoyance le méditeront.

 

14.     Voici la parure des hommes:

l’amour voluptueux des femmes et des fils,

quintârs en masses d’or et d’argent,

chevaux de race, troupeaux, labours.

Tel est l’attrait de la vie de ce monde.

Mais l’excellence du retour est en Allah.

 

Hizb Six

 

15.     Dis:

« Vous proposerai-je mieux que cela ? »

Pour ceux qui frémissent, chez leur Rabb,

il est des jardins sous lesquels courent des fleuves,

et là, en permanence, des épouses pures,

au gré d’Allah,

Allah, clairvoyant pour les serviteurs

 

16.     qui disent: « Notre Rabb, nous voici, nous adhérons:

absous nos fautes, préserve-nous du supplice du Feu.

 

17.     Aux constants, aux justes, aux adorateurs,

aux frémissants, aux suppliants dès l’aurore,

l’indulgence.

 

18.     Allah en témoigne, « Pas d’Ilah sauf Lui »,

et les Messagers détenteurs du savoir en équité:

« Pas d’Ilah sauf Lui, l’Intransigeant, le Sage. »

 

19.     Voici, la créance, chez Allah,

c’est la pacification, al-islâm.

Ceux à qui les Écrits furent donnés

se sont divisés en rivalités,

après avoir reçu le savoir.

Allah est prompt à régler les comptes

de ceux qui effacent les Signes d’Allah.

 

20.     S’ils argumentent contre toi, dis:

« Je me suis pacifié, en face d’Allah,

avec ceux qui me suivent. »

Dis à ceux auxquels les Écrits ont été donnés,

et aux patries: «  tes-vous pacifiés ? »

S’ils sont pacifiés, ils sont déjà guidés.

S’ils se détournent, à toi l’alerte,

Allah est clairvoyant pour les serviteurs.

 

21.     Ceux qui effacent les Signes d’Allah,

tuent indûment les Nabis,

parmi les hommes, ils tuent

ceux qui ordonnent l’équité.

Annonce-leur un supplice effroyable.

 

22.     Ils perdront leur science,

en ce monde et dans l’Autre,

sans voir la délivrance.

 

23.     Vois-tu, ceux qui ont reçu une partie de l’Écrit,

en appellent à l’Écrit d’Allah, pour juger,

mais certains s’en écartent et dévient.

 

24.     Ceci, ils le disent en leur amen:

« Le Feu ne nous touchera qu’à jours comptés ! »

Ce qu’ils acquièrent les illusionne en leur créance !

 

25.     Comment ? Quand nous les réunirons,

au Jour inéluctable,

chacun recevra ce qu’il aura acquis:

nul ne sera lésé.

 

26.     Dis:

« Ô Allah, souverain du Règne,

tu donnes le règne à qui tu décides,

tu arraches le règne de qui tu décides,

tu élèves qui tu décides,

tu abaisses qui tu décides.

En ta main se trouve le meilleur.

Ô Toi, fort en tout.

 

27.     Tu fais pénétrer la nuit dans le jour,

tu fais pénétrer le jour dans la nuit,

tu fais sortir le vivant du mort,

tu fais sortir le mort du vivant,

tu pourvois qui tu décides. Sans compter. »

 

28.     Les adhérents ne prendront pas pour alliés

des effaceurs d’Allah

mais d’autres adhérents.

Qui ne fait ainsi n’est en rien d’Allah,

à moins que vous ne frémissiez de peur devant eux.

Allah vous prévient lui-même:

le devenir est à Allah.

 

29.     Dis:

« Que vous cachiez ce qui est en vos poitrines

ou que vous l’exprimiez, Allah le sait. »

Il sait tout des ciels et de la terre,

Allah, fort en tout.

 

30.     Un Jour chacun fera face

à ce qu’il aura commis de bien ou de mal,

ô distance extrême.

Allah vous en avertit lui-même,

Allah, suave pour les serviteurs.

 

31.     Dis:

« Si vous aimez Allah, suivez-moi.

Allah vous aimera, Il absoudra vos fautes:

Allah, indulgent, matriciel. »

 

32.     Dis:

« Obéissez à Allah et à l’Envoyé.

Si vous détaliez...

Voici, Allah n’aime pas les effaceurs. »

 

Quart du Hizb Six

 

33.     Voici, aux univers, Allah a préféré

Adam, Nûh, la gent d’Ibrâhim et la gent de ‘Imrân.

 

34.     issus les uns des autres,

Allah, entendeur, savant.

 

35.     Quand la femme de ‘Imrân dit:

« Rabb, je te voue

celui qui est en mon ventre, à Toi consacré.

Accepte-le de moi.

Te voici, toi, l’entendeur, le savant ! »

 

36.     Quand elle l’enfante, elle dit:

« Rabb, je l’ai enfantée: c’est une fille ! »

Allah savait bien ce qu’elle avait enfanté:

un mâle n’est pas comme une femelle !

« Voici, je la nomme Mariyam

et je te la voue, contre le Shaïtân, le lapidé ! »

 

37.     Son Rabb lui offre un bel accueil,

il la fait grandir en belle croissance.

Et Zakarîyâ la nourrit.

Toutes les fois que Zakarîyâ entre chez elle au Temple,

il trouve provende auprès d’elle.

Il dit: « Ô Mariyam, chez qui prends-tu cela ? »

Elle dit: « Chez Allah:

voici, Allah pourvoit qui Il veut, sans compter. »

 

38.     Alors, Zakarîyâ invoque son Rabb. Il dit:

« Rabb, donne-moi, de toi, bonne descendance.

Te voici, entendeur de l’invocation. »

 

39.     Les Messagers l’interpellent.

Lui, debout, prie au Temple:

« Voici, Allah t’annonce la naissance d’Yahyâ:

il authentifiera la parole d’Allah,

lui, un chef, un chaste, un Nabi parmi les Intègres. »

 

40.     Il dit: « Rabb, comment un adolescent

naîtrait-il de moi

quand déjà la vieillesse m’atteint

et que ma femme est stérile ? »

Il dit: « Allah fait ce qu’Il décide. »

 

41.     Il dit: « Rabb, fais pour moi un Signe. »

Il dit: « Ton Signe ? Tu ne parleras pas aux hommes

trois jours, sauf par gestes.

Invoque fort ton Rabb, célèbre-le, soir et matin. »

 

42.     Ainsi, quand les Messagers disaient:

« Ô Mariyam, voici, Allah t’a choisie et purifiée,

il t’a choisie parmi toutes les femmes de l’univers.

 

43.     Ô Mariyam, adore ton Rabb,

incline-toi, prosterne-toi avec les prosternés.

 

44.     Comme telle prophétie du mystère,

nous te la faisons parvenir.

Tu n’étais pas auprès d’eux

quand ils jetaient leurs calames

pour savoir qui nourrirait Mariyam.

Tu n’étais pas auprès d’eux

quand ils se disputaient. »

 

45.     Quand les Messagers disaient:

« Ô Mariyam, Allah t’annonce sa parole.

Son nom: le messie ‘Issa fils de Mariyam,

illustre en ce monde et dans l’Autre,

parmi les proches d’Allah. »

 

46.     Il parlera aux hommes dès le berceau.

Adulte, il sera parmi les Intègres.

 

47.     Elle dit: « Rabb, comment aurais-je un enfant ?

Nul être charnel ne m’a touchée ! »

Il dit: « Allah crée ce qu’Il décide.

Quand Il décrète, Il ordonne et réalise,

Il dit: ‹ Sois ! › Et c’est. »

 

48.     Allah lui enseigne la sagesse,

la Tora et l’Évangile:

 

49.     « Envoyé aux Fils d’Isrâ’îl,

me voici, je viens à vous

avec les Signes d’Allah, votre Rabb.

Me voici, je crée pour vous, d’argile,

des corps d’oiseaux.

Je souffle sur eux, ils deviennent des oiseaux,

par permission d’Allah.

Je guéris l’aveugle et le lépreux,

je ressuscite les morts,

par permission d’Allah.

Je vous révèle ce que vous mangez

et ce que vous enfouissez dans vos maisons.

Voici, tels sont pour vous les Signes.

Si vous adhériez !

 

50.     J’authentifie de la Tora,

ce qui est entre mes mains

je vous permets une partie

de ce qui vous était interdit.

Je suis venu à vous

avec les Signes de votre Rabb.

 

51.     Voici, Allah est mon Rabb et votre Rabb,

Servez-le: voilà le chemin ascendant. »

 

Moitié du Hizb Six

 

52.     Quand ‘Issa perçoit leur effaçage d’Allah, il dit:

« Qui m’assistera auprès d’Allah ? »

Les adeptes disent:

« Nous sommes les assistants d’Allah,

nous adhérons à Allah.

Atteste-le: oui, nous sommes des pacifiés.

 

53.     Notre Rabb, nous adhérons à ce que tu fais descendre,

nous suivons l’Envoyé: inscris-nous parmi les témoins ».

 

54.     Ils rusent, mais Allah ruse,

Allah, le plus habile des rusés.

 

55.     Quand Allah dit:

« Ô, ‘Issa, me voici, je t’assume, je t’élève vers moi,

je te purifie de ceux qui effacent,

plaçant ceux qui te suivent

au-dessus de ceux qui effacent

jusqu’au jour du Relèvement.

Ensuite, votre Retour sera vers Moi.

Je vous jugerai sur ce en quoi

vous vous opposiez.

 

56.     Ceux qui effacent, je les supplicie

d’un supplice inexorable

en ce monde et dans l’Autre:

pas de délivrance pour eux. »

 

57.     Quant à ceux qui adhèrent et sont intègres

il leur paiera leur salaire:

Allah exècre les fraudeurs.

 

58.     Ainsi, nous proclamons sur toi des Signes

et la mémoire de sagesse.

 

59.     Voici: ‘Issa, chez Allah, est à l’exemple d’Adam.

Il l’a créé de terre, puis Il lui a dit:

« Sois. » Et il est.

 

60.     La vérité est à ton Rabb !

Ne sois pas parmi les sceptiques.

 

61.     À qui conteste le savoir que tu as reçu, dis:

« Allons, convoquons nos fils et vos fils,

nos femmes et vos femmes, nos personnes et vos personnes,

puis jurons et appelons la malédiction d’Allah

sur les menteurs. »

 

62.     Voici, le récit, le vrai:

pas d’Ilah sauf Allah,

Allah, Lui, l’Intransigeant, le Sage !

 

63.     Et s’ils se détournent,

voici, Allah connaît les dévoyés.

 

64.     Dis:

« Ô Tentes de l’Écrit,

élevez-vous à une parole harmonieuse

pour nous et pour vous.

Ne servons personne, sauf Allah,

ne lui associons rien,

ne prenons pas, les uns les autres, des rabbis,

mais Allah seul ! »

S’ils se détournent, dites:

« Attestez-le: nous sommes des pacifiés ! »

 

65.     Ô Tentes de l’Écrit,

pourquoi argumentez-vous sur Ibrâhim,

alors que la Tora et l’Évangile

ne sont descendus qu’après lui.

Ne discernez-vous pas ?

 

66.     Vous voilà, vous vous querellez

sur ce que vous connaissez.

Mais pourquoi vous querellez-vous

sur ce que vous ne connaissez pas ?

Allah connaît, mais vous,

vous ne connaissez pas.

 

67.     Ibrâhim n’était ni Judéen ni Nazaréen,

cependant il était un fervent, un pacifié.

Il n’était pas un associateur.

 

68.     Voici, les hommes les plus proches d’Ibrâhim

sont ceux qui l’ont suivi.

Ce Nabi et ceux qui adhèrent à Allah

sont les plus proches des adhérents.

 

69.     Dans les Tentes de l’Écrit, certains voudraient vous égarer,

mais ils n’égarent qu’eux-mêmes, sans en avoir conscience.

 

70.     Ô Tentes de l’Écrit,

pourquoi effacez-vous les Signes d’Allah ?

Vous en êtes les témoins !

 

71.     Ô Tentes de l’Écrit,

pourquoi revêtez-vous la vérité d’inanité ?

Vous cachez la vérité, vous qui savez.

 

72.     Dans les Tentes de l’Écrit, certains disent:

« Adhérez à ce qui est descendu sur les adhérents,

à la face du jour, mais effacez ensuite... »

Peut-être reviendront-ils.

 

73.     N’adhérez qu’à ceux qui suivent votre créance.

Dis:

« Voici, la Guidance est guidance d’Allah »;

Il la donne à qui Il veut,

Allah, infini, savant.

 

74.     Il matricie qui Il veut,

Allah, doté de grâce grandiose.

 

Trois quarts du Hizb Six

 

75.     Dans les Tentes de l’Écrit,

confie à l’un un quintâr, il te le rendra,

mais confie à l’autre un dinar, il ne te le rendra

que si tu le harcèles, vigilant.

Ceci, parce qu’ils disent:

« Les ignares n’ont aucun recours contre nous ».

Ils disent contre Allah des mensonges,

or, ils savent.

 

76.     Voici, Allah aime les frémissants,

ceux qui observent son pacte et frémissent.

 

77.     Ceux qui troquent le pacte d’Allah

et leurs serments, à vil prix,

n’ont pas de part dans l’Autre monde.

Allah ne leur parlera pas, il ne les regardera pas.

Le jour du Relèvement, il ne les purifiera pas.

À eux, le supplice terrible.

 

78.     Et voici, parmi eux,

certains roulent leur langue dans l’Écrit,

pour que vous comptiez dans l’Écrit

ce qui n’y est pas mais dont ils disent:

« Cela vient d’Allah ».

Or cela ne vient pas d’Allah.

Ils mentent contre Allah.

Or, ils savent.

 

79.     Ce n’est pas à un être charnel

à qui Allah a donné l’Écrit,

la Sagesse et l’Inspiration ­

de dire ensuite aux hommes:

« Soyez mes serviteurs, non ceux d’Allah ! »

Soyez plutôt des rabbis,

puisque vous enseignez l’Écrit,

et que vous l’avez étudié.

 

80.     Il ne vous ordonne pas

de prendre les Messagers et les Nabis pour Rabbs.

Allah vous ordonnerait-il l’effaçage,

après vous avoir pacifiés ?

 

81.     Quand Allah a pris alliance avec les Nabis:

« Je vous ai donné l’Écrit et le règne.

Un Envoyé viendra vers vous.

Il authentifiera ce qui est avec vous:

adhérez à lui, assistez-le », dit-il.

Il dit: « Le reconnaîtrez-vous et le prendrez-vous à charge ? »

Ils disent: « Nous le reconnaîtrons. »

Il dit: « Témoignez:

moi, je suis avec vous, parmi les témoins. »

 

82.     Ceux qui après cela se détournent, sont des dévoyés.

 

83.     Voudraient-ils une autre créance que celle d’Allah

où se pacifie le tout des ciels et de la terre ?

Bon gré, mal gré, ils reviendront vers Lui !

 

84.     Dis: « Nous adhérons à Allah,

à ce qui est descendu sur nous,

à ce qui est descendu sur Ibrâhim, Ismâ‘îl, Is’hâq,

Ya‘qûb et sur les tribus,

à ce qui a été donné à Mûssa,

à ‘Issa, aux Nabis de leur Rabb.

Nous n’écartons aucun d’entre eux:

nous sommes pour Lui des pacifiés. »

 

85.     Qui recherche une autre créance

que la pacification, al-islâm,

ne sera pas reçu par Lui,

et dans l’Autre monde, sera parmi les perdants.

 

86.     Comment Allah guiderait-il ceux qui l’effacent

après qu’ils ont adhéré

et témoigné de la vérité de l’Envoyé,

les preuves leur étant parvenues ?

Allah ne guide pas le peuple des fraudeurs.

 

87.     Et pour quelle rétribution ?

Pour l’exécration d’Allah,

des Messagers et des hommes, ensemble.

 

88.     La permanence du supplice ne s’allégera pas pour eux,

ils ne seront pas regardés,

 

89.     sauf ceux qui retournent et s’amendent.

Voici, Allah, indulgent, matriciel.

 

90.     Ceux qui effacent Allah

après avoir adhéré à Lui,

et accroissent l’effaçage,

leur retour n’est plus reçu.

Ce sont des fourvoyés.

 

91.     Ceux qui effacent et meurent en effaceurs

ne seront pas reçus,

fût-ce contre le poids d’or de la terre.

Même s’ils se rachetaient avec,

à eux le supplice terrible:

pour eux, pas de délivrance.

 

92.     Vous ne parviendrez pas à la transparence

sans prodiguer ce que vous aimez.

Allah sait ce que vous prodiguez.

 

Fin du Djûz troisième

 

Djûz quatrième

 

Hizb Sept

 

93.     Toute nourriture était permise aux Fils d’Isrâ’îl,

sauf ce qu’Isrâ’îl s’interdisait

avant que la Tora ne soit descendue.

Dis: « Apportez la Tora et proclamez-la,

si vous êtes sincères. »

 

94.     Ceux qui, après cela,

forgent le mensonge contre Allah

sont des fraudeurs.

 

95.     Dis:

« Allah est juste !

Suivez la doctrine d’Ibrâhim, le fervent:

il n’était pas avec les associateurs ! »

 

96.     Voici, la Première Maison manifestée aux humains,

celle de Bekkat, est bénie, guidance des univers.

 

97.     Les Signes du discernement sont en elle, Lieu d’Ibrâhim.

Qui y pénètre est dans l’amen.

Pour les humains,

Allah prescrit le Pèlerinage à la Maison.

Qui le peut s’y dirige.

Qui efface... oui, Allah est magnanime

plus que les univers.

 

98.     Ô Tentes de l’Écrit,

pourquoi effaceriez-vous les Signes d’Allah ?

Allah est témoin de ce que vous faites.

 

99.     Dis:

« Ô Tentes de l’Écrit,

pourquoi écartez-vous

du sentier d’Allah ceux qui adhèrent ?

Vous le voudriez tortueux, vous, des témoins !

Allah n’est pas inattentif à ce que vous faites.

 

100.     Ohé, ceux qui adhèrent,

si vous obéissez à un parti,

ils souhaiteront faire de vous des effaceurs d’Allah

après votre amen.

 

101.     Comment effaceriez-vous,

vous, pour qui sont proclamés les Signes d’Allah,

avec, parmi vous, son Envoyé ?

Qui s’attache à Allah

est déjà conduit sur le chemin ascendant.

 

102.     Ohé, ceux qui adhèrent,

frémissez d’Allah d’un frémissement véridique,

ne mourez pas sans être pacifiés.

 

103.     Attachez-vous à la racine d’Allah, ensemble,

vous ne serez pas séparés.

Commémorez le ravissement d’Allah.

Quand vous étiez ennemis, il a dompté vos coeurs

et vous vous êtes éveillés, en son ravissement, fiers:

vous étiez sur le bord d’un gouffre de Feu

et Il vous en a sauvés.

Ainsi Allah vous fait-il discerner ses Signes

pour vous guider.

 

104.     Ainsi, soyez une matrie appelée au bien,

qui ordonne le convenable et réprouve le blâmable.

Les voilà, tels sont les gagnants.

 

105.     Ne soyez pas comme ceux qui se divisent

et s’opposent, après les Signes venus à eux:

voilà pour eux un supplice grandiose,

 

106.     le jour où certains visages seront blanchis,

et certains visages noircis.

Or à ceux dont le visage sera noirci:

« Vous avez effacé Allah après avoir adhéré.

Endurez le supplice, vous qui effaciez. »

 

107.     Ceux dont le visage sera blanchi

seront matriciés par Allah, là, en permanence.

 

108.     Voici les Signes d’Allah.

Nous les proclamons pour toi avec la vérité:

Allah ne veut pas de fraude pour les univers.

 

109.     À Allah, le tout des ciels et de la terre.

Les ordres reviennent à Allah.

 

110.     Vous êtes la meilleure des patries

manifestée pour les humains.

Vous ordonnez le convenable,

vous réprouvez le blâmable,

vous adhérez à Allah.

Si les Tentes de l’Écrit avaient adhéré,

tout eût été meilleur pour eux.

Parmi ceux-là, certains adhèrent,

mais la plupart sont des dévoyés.

 

111.     Ils ne vous nuiront que peu.

S’ils vous combattent,

ils tourneront le dos devant vous,

mais, ensuite, ils ne seront pas délivrés.

 

112.     Les coups de l’humiliation

s’abattront sur eux,

où qu’ils soient acculés ­

sauf par recours à Allah

ou par recours à des hommes.

Ils avaient encouru le courroux d’Allah,

sous les coups de la misère,

pour avoir effacé les Signes d’Allah

et avoir tué, à tort, les Nabis,

en rebelles, en transgresseurs.

 

Quart du Hizb Sept

 

113.     Ils ne sont pas égaux.

Parmi les Tentes de l’Écrit,

une communauté montante

proclame les Signes d’Allah, la nuit.

Ils se prosternent,

 

114.     ils adhèrent à Allah et au Jour ultime,

ils ordonnent le convenable, réprouvent le blâmable,

et se hâtent vers le bien.

Les voilà parmi les Intègres.

 

115.     Ce qu’ils font de meilleur

ne sera pas effacé pour eux:

Allah connaît les frémissants.

 

116.     Ceux qui effacent ne profitent en rien

de leurs biens ni de leurs fils, devant Allah.

Ce sont les compagnons du Feu, là, en permanence.

 

117.     Ce qu’ils prodiguent dans la vie de ce monde,

est comme un vent de grêle qui frappe et détruit

la récolte d’un peuple inique.

Allah ne les lèse pas, ils se lèsent eux-mêmes.

 

118.     Ohé, ceux qui adhèrent,

ne prenez pas de confidents hostiles à vous:

ils vous nuiraient,

souhaitant que le malheur s’abatte sur vous.

La haine jaillit de leur bouche,

mais ce qu’ils cachent dans leur poitrine est pire.

Nous vous avons fait distinguer assez de Signes,

si vous discerniez !

 

119.     Vous aimez ces alliés, mais eux ne vous aiment pas.

Vous adhérez à l’Écrit tout entier.

Quand ils vous rencontrent, ils disent:

« Nous adhérons. »

Mais quand ils vous dépassent, seuls,

ils se mordent les doigts de fureur.

Dis:

« Mourez dans votre fureur. »

Voici, Allah connaît le contenu des poitrines.

 

120.     Que l’excellence vous touche, elle les lèse,

que le malheur vous échoie, ils s’en réjouissent.

Si vous persévérez et frémissez,

leurs stratagèmes ne vous nuiront en rien.

Allah, en ce qu’ils font, les cerne.

 

121.     Quand tu t’es éloigné de tes tentes, au matin,

tu as assigné aux adhérents leur poste de combat,

Allah, entendeur, savant ­.

 

122.     Quand deux de vos troupes pensaient fléchir,

Allah était leur allié,

Allah, l’appui de tous les adhérents.

 

123.     Allah vous a secourus à Badr.

Vous, les humiliés, frémissez d’Allah.

Peut-être le reconnaîtrez-vous ?

 

124.     Quand tu disais aux adhérents:

« Ne vous suffit-il pas

que votre Rabb vous ait renforcés

avec trois mille Messagers descendus ? »

 

125.     Pourtant, si vous persévérez et frémissez,

et qu’ils vous assaillent, votre Rabb vous renforcera

par cinq mille de ses marqueurs d’élite.

 

126.     Allah ne l’a accordé qu’à vous, pour annonce,

afin de tranquilliser vos coeurs.

Le secours ne vient que d’Allah, l’Intransigeant, le Sage,

 

127.     afin de tailler en pièces ceux qui effacent,

que vous les culbutiez et qu’ils repartent, vaincus.

 

128.     Cet ordre ne dépend pas de toi:

ou Il retourne vers eux,

ou Il les supplicie.

Or, les voici, ce sont des fraudeurs.

 

129.     À Allah, le tout des ciels et de la terre:

Il pardonne qui Il décide,

Il supplicie qui Il décide:

Allah, indulgent, matriciel.

 

130.     Ohé, ceux qui adhèrent,

ne vous nourrissez pas d’usure, du double chaque fois !

Frémissez d’Allah, peut-être serez-vous fécondés.

 

131.     Frémissez du Feu, vocation des effaceurs d’Allah.

 

132.     Obéissez à Allah et à l’Envoyé,

peut-être serez-vous matriciés.

 

Hizb sept

 

133.     Hâtez-vous vers l’absolution de votre Rabb,

vers le Jardin de la largeur des ciels et de la terre,

vocation des frémissants.

 

134.     Ceux qui prodiguent dans l’aisance ou la gêne,

jugulent leur fureur et pardonnent aux humains:

Allah aime les excellents.

 

135.     Ceux qui agissent avec perversité ou se lèsent,

se font absoudre de leurs crimes, s’ils invoquent Allah.

Or qui pardonne les crimes, sinon Allah ?

Ceux qui savent ne persistent pas en ce qu’ils faisaient.

 

136.     Leur salaire est dans l’absolution de leur Rabb,

aux jardins sous lesquels courent des fleuves,

là en permanence.

Le salaire des ouvriers ravit.

 

137.     Des traditions sont nées avant vous.

Marchez sur terre et contemplez

quel est le châtiment des menteurs.

 

138.     Voilà, pour les humains, l’évidence, la guidance,

en exhortation pour les frémissants.

 

139.     Ne vous démoralisez pas, ne vous affligez pas,

vous, les plus sublimes, puisque vous adhérez.

 

140.     Si une plaie vous touche,

une plaie semblable a déjà touché le peuple.

Ces jours,

nous les faisons alterner parmi les humains,

pour qu’Allah reconnaisse ceux qui adhèrent

et suscite parmi vous des témoins.

Allah n’aime pas les fraudeurs.

 

141.     Allah, pour éclairer les adhérents

abolira les effaceurs.

 

142.     Comptez-vous entrer au Jardin

avant qu’Allah ne connaisse lesquels, parmi vous, luttent ?

Il connaît les constants.

 

143.     Déjà, vous souhaitiez la mort avant de la rencontrer,

et déjà vous l’avez vue, vous l’avez contemplée.

 

144.     Muhammad, qu’est-il, sinon un Envoyé ?

Avant lui des Envoyés étaient déjà venus.

S’il mourait ou s’il était tué,

reviendriez-vous sur vos talons ?

Qui revient sur ses talons ne nuit en rien à Allah:

Allah rétribue les reconnaissants.

 

145.     Il n’est donné à personne de mourir

sans permission d’Allah, écrite, immuable.

Qui veut le Retour de ce monde, nous le lui donnons.

Et qui veut le Retour de l’Autre, nous le lui donnons.

Nous rétribuons les reconnaissants.

 

146.     Combien de nabis ont-ils combattu avec lui

parmi tant de rabbis ?

Ils ne se décourageaient pas de ce qu’ils enduraient

sur le sentier d’Allah,

ils ne faiblissaient pas, ils ne cédaient pas:

Allah aime les constants !

 

147.     Mais leur Dire, qu’est-il, sinon ce qu’ils disent:

« Notre Rabb, absous-nous de nos crimes,

de nos excès en notre ordre,

affermis nos démarches,

secours-nous contre le peuple des effaceurs. »

 

148.     Allah leur donne le Retour en ce monde

avec l’excellence du Retour dans l’Autre:

Allah aime les excellents.

 

149.     Ohé, ceux qui adhèrent,

si vous obéissez à ceux qui effacent,

ils vous renverront sur vos talons,

et vous reviendrez en perdants.

 

150.     Pourtant, Allah est votre Rabb,

Lui, la meilleure délivrance.

 

151.     Nous jetterons l’effroi au coeur des effaceurs

car ils ont associé à Allah

un pouvoir qui n’était pas descendu de Lui.

Le Feu sera leur abri,

horreur du refuge des fraudeurs.

 

152.     Allah était juste avec vous,

déjà à son rendez-vous,

quand vous excelliez à son audience.

Fléchissant ensuite, indolents, vous violiez l’ordre,

Alors certains d’entre vous ont montré

ce que vous aimiez et vouliez de ce monde

et certains ce qu’ils voulaient de l’Autre.

Alors, Il vous a écartés pour vous éprouver.

Mais déjà Il vous pardonne,

Allah, doté de grâce, pour les adhérents.

 

Trois quarts du Hizb Sept

 

153.     Quand vous marchiez,

rencontrant affliction sur affliction

sans vous détourner,

l’Envoyé vous appelait sur vos arrières,

afin que vous ne vous affligiez pas

pour la victoire qui vous échappait

ou pour ce qui vous atteignait:

Allah est informé de ce que vous faites.

 

154.     Puis, après l’affliction, il a fait descendre l’amen.

Le sommeil engloutit certains d’entre vous,

trop préoccupés d’eux-mêmes,

imaginant d’Allah non la vérité,

mais l’imaginaire de l’ignorance.

Ils disent: « Est-ce à nous d’ordonner quoi que ce soit ? »

Dis: « Voici, l’ordre tout entier est à Allah ! »

Ils cachent en eux-mêmes ce qu’ils ne te manifestent pas.

Ils disent: « Si quelqu’un pouvait ordonner,

nous ne serions pas morts ici ! »

Fussiez-vous restés dans vos maisons,

ceux dont la mort était écrite

ne seraient sortis que dans leurs linceuls.

Allah éprouve ainsi ce qui est en vos poitrines,

Il éclaire ce qui est en vos coeurs:

Allah connaît le contenu des poitrines.

 

155.     Le jour de la rencontre des deux troupes,

le Shaïtân seul a fait trébucher

ceux d’entre vous qui ont détalé,

pour ce qu’ils s’étaient acquis:

Allah leur a déjà pardonné,

Voici, Allah, indulgent, longanime.

 

156.     Ohé, ceux qui adhèrent,

ne soyez pas comme ceux qui effacent

et disent de leurs frères frappés en voyage

ou pendant une razzia: « S’ils étaient restés chez nous,

ils ne seraient pas morts, ils n’auraient pas été tués ! »

Qu’Allah mette ce regret en leur coeur:

Allah ressuscite et fait mourir,

Allah voit ce que vous faites.

 

157.     Si vous êtes tués sur le sentier d’Allah

ou si vous mourez,

c’est une absolution d’Allah, matriciel,

meilleure que ce que d’autres amassent.

 

158.     Si vous mourez ou êtes tués,

vous serez rassemblés chez Allah.

 

159.     Par grâce d’Allah, tu as été conciliant envers eux.

Si tu avais été rude, dur de coeur,

ils se seraient dispersés loin de toi.

Pardonne-leur, absous-les,

consulte-les avant d’ordonner.

Quand tu seras résolu, abandonne-toi en Allah.

Voici, Allah aime les tout-abandonnés.

 

160.     Si Allah vous secourt, nul ne vous vaincra.

S’il vous abandonne, qui donc vous secourrait ?

Que tous les adhérents s’appuient sur Allah.

 

161.     Point ne sied à un Nabi de tromper.

Qui trompe recevra selon sa tromperie

au jour du Relèvement.

Tout être recevra ce qu’il se sera acquis.

Eux, ils ne seront pas fraudés.

 

162.     Celui qui suit le gré d’Allah

est-il comme celui qui irrite Allah

et qui est voué à la Géhenne, l’horrible devenir ?

 

163.     Ils sont hiérarchisés en degrés chez Allah,

Allah voit ce qu’ils font.

 

164.     Allah a déjà imputé aux adhérents

la députation, parmi eux, d’un Envoyé, issu d’eux-mêmes

qui leur envoie ses Signes, les purifie,

leur enseigne l’Écrit et la Sagesse,

même s’ils étaient auparavant dans un fourvoiement évident.

 

165.     Quand vous avez été défaits le jour de la défaite,

après que vos ennemis eussent été deux fois

plus gravement vaincus ­,

vous avez dit: « D’où cela est-il venu ? »

Dis: « Cela est venu de vous-mêmes. »

Voici, Allah est puissant sur tout !

 

166.     Le jour de la rencontre des deux troupes,

votre défaite est survenue avec la permission d’Allah

pour que les adhérents sachent,

 

167.     et que se reconnaissent ceux qui feignent.

Il leur avait été dit: « Montez, combattez

sur le sentier d’Allah, et repoussez-les. »

Ils dirent: « Si nous savions combattre,

nous vous suivrions. »

Ils étaient pour l’effaçage d’Allah,

plus proche d’eux, ce jour-là, que l’amen.

Ils disaient de leur bouche

ce qui n’était pas dans leur coeur,

mais Allah savait ce qu’ils cachaient.

 

168.     Ceux qui, assis, disaient de leurs frères:

« S’ils nous avaient obéi, ils n’auraient pas été tués. »

Dis leur:

« Écarteriez-vous la mort,

si vous étiez sincères ? »

 

169.     Ne pense pas que, tués sur le sentier d’Allah,

ils sont morts.

Non ! Ils sont vivants, et bien pourvus chez leur Rabb,

 

170.     joyeux de ce qu’Allah leur donne en sa grâce.

Ils se félicitent, car ceux qui ne les ont pas encore rejoints,

n’auront aucune crainte pour eux, et ne seront pas affligés.

 

Hizb Huit

 

171.     Ils se félicitent du ravissement d’Allah, de la grâce.

Voici, Allah ne lèse pas les adhérents.

 

172.     Ceux qui ont répondu à Allah et à l’Envoyé,

après la blessure de la défaite,

ceux d’entre eux qui excellent et frémissent

auront un salaire grandiose.

 

173.     Ceux à qui les humains disent:

« Voici, des humains se sont déjà rassemblés contre vous:

craignez-les. »

Leur amen grandit et ils disent: « Nous y comptons !

Allah est un tuteur ravisseur. »

 

174.     Ils sont revenus, par ravissement d’Allah, par grâce,

sans avoir été touchés par aucun mal.

Ils ont suivi le gré d’Allah,

Allah, doté d’une grâce grandiose.

 

175.     Pour vous, tel est le Shaïtân: il apeure ses suppôts;

ne soyez pas apeurés par eux,

mais apeurés par Moi, si vous adhérez.

 

176.     Qu’ils ne t’affligent pas,

ceux qui se ruent dans l’effaçage.

Les voici, ils ne léseront en rien Allah.

Allah ne veut pas leur mettre de part dans l’Autre monde.

À eux le supplice grandiose.

 

177.     Voici, ceux qui troquent l’amen contre l’effaçage

ne lèsent en rien Allah:

à eux le supplice terrible.

Ce dont nous les comblons ajoute à leur crime:

à eux le supplice abject.

 

178.     Ceux qui effacent n’y compteront pas:

ce dont nous les comblons n’est pas un bien pour eux,

mais ne fait qu’ajouter à leurs crimes:

à eux le supplice abject.

 

179.     Allah ne délaisse pas les adhérents,

là où vous êtes, sans peser le fourbe ou l’homme bon.

Allah ne vous élève pas au mystère:

Allah élit parmi ses Envoyés qui il décide.

Adhérez donc à Allah et à ses Envoyés.

Oui, si vous adhérez et frémissez,

vous aurez un salaire grandiose.

 

180.     Que ceux qui sont avares de ce qu’Allah

donne de sa grâce

ne comptent pas que cela soit un mieux pour eux.

Non, pour eux c’est un mal.

Le jour du Relèvement, leur avarice les subjuguera.

À Allah, l’héritage des ciels et de la terre.

Allah est informé de ce que vous faites.

 

181.     Déjà Allah entend ceux qui disent:

« Voici, Allah est un pauvre et nous des opulents ! »

Nous écrivons ce qu’ils disent,

leur meurtre des Nabis, à tort, et nous disons:

« Endurez le supplice de la fournaise. »

 

182.     Ceci contre ce que vos mains ont avancé !

Voici, Allah ne lèse pas les serviteurs.

 

183.     Ceux qui disent: « Voici, Allah est notre allié:

nous n’adhérerons pas à l’Envoyé

tant qu’il ne nous offrira pas l’offrande

que le Feu mangera. »

Dis:

« Des Envoyés sont déjà venus à vous, avant moi,

avec des preuves de ce dont vous parlez.

Pourquoi les aviez-vous tués, si vous étiez sincères ? »

 

184.     S’ils te traitent de menteur,

ils ont déjà traité de menteurs les Envoyés,

venus avant toi avec les preuves,

avec les Volumes et l’Écrit lumineux.

 

185.     Tout être goûte la mort:

voici, vos salaires vous seront payés

le jour du Relèvement.

Qui sort du Feu et entre au Jardin a déjà vaincu.

La vie de ce monde, qu’est-elle,

sinon la jouissance d’une illusion ?

 

Quart du Hizb Huit

 

186.     Vous serez éprouvés en vos richesses et en vos êtres.

Vous entendrez les griefs multiples

de ceux qui ont reçu l’Écrit avant vous,

et de ceux qui associent.

Persévérer et frémir,

voilà la solution de l’ordre.

 

187.     Quand Allah a fait alliance

avec ceux qui ont reçu l’Écrit:

« Faites-le discerner aux humains, ne le cachez pas ! »

Mais ils l’ont rejeté derrière leur dos,

ils l’ont troqué à vil prix, l’horrible troc !

 

188.     Ne compte pas ceux qui se félicitent de leurs actions

et qui aiment être désirés pour ce qu’ils n’ont pas fait,

ne les compte pas dans un désert exempt de supplice.

À eux le supplice terrible.

 

189.     À Allah, le royaume des ciels et de la terre,

Allah, fort en tout.

 

190.     Dans la création des ciels et de la terre,

dans l’alternance de la nuit et du jour,

voici des Signes pour ceux qui sont dotés d’un coeur.

 

191.     Ceux qui invoquent Allah

debout, assis ou couchés

méditent sur la création des ciels et de la terre:

« Notre Rabb, tu n’as pas créé cela en vain !

Nous te glorifions ! Épargne-nous le supplice du Feu. »

 

192.     Notre Rabb, ô toi,

tu as déjà couvert d’ignominie

celui que tu introduis au Feu.

Pour les fraudeurs, pas de d’aide.

 

193.     Notre Rabb, nous voici, nous avons entendu

un appelant appeler à l’amen:

« Adhérez à votre Rabb. »

Et nous avons adhéré.

Notre Rabb, absous-nous de nos crimes,

efface nos méfaits.

Récompense-nous avec les candides.

 

194.     Notre Rabb, donne-nous

ce que tu nous as promis par tes Envoyés,

ne nous afflige pas au jour du Relèvement:

voici, tu ne changes pas de promesse.

 

195.     Leur Rabb les exauce:

« Moi, je ne perds pas les actions

de qui agit parmi vous, mâle ou femelle:

l’un dépend de l’autre.

Ceux qui ont émigré,

qui sont sortis de leurs demeures,

qui ont souffert sur mon sentier,

qui ont combattu et qui sont morts,

j’effacerai, pour eux, leurs méfaits,

et je les ferai entrer au Jardin

sous lequel courent les fleuves,

en retour d’Allah:

Allah, à lui l’excellence du Retour. »

 

196.     Que ne te trouble pas l’agitation

de ceux qui effacent dans le pays:

 

197.     c’est une moindre jouissance, mais ensuite,

leur refuge sera la Géhenne, l’horrible grabat.

 

198.     Cependant, ceux qui frémissent de leur Rabb

auront des jardins sous lesquels courent les fleuves,

en permanence, là, descendus de chez Allah.

Ce qui est de chez Allah,

c’est le meilleur, pour les purs.

 

199.     Voici, parmi les Tentes de l’Écrit,

certains adhèrent à Allah,

à ce qui est descendu vers vous,

et à ce qui est descendu vers eux.

Humbles devant Allah,

ils ne troquent pas les Signes d’Allah, à vil prix.

Les voilà, leur salaire est chez leur Rabb,

et voici, Allah, prompt au compte.

 

200.     Ohé, ceux qui adhèrent,

persévérez et faites persévérer.

Raffermissez-vous et frémissez d’Allah.

Peut-être serez-vous fécondés.

 

 

 

SOURATE 4.

 

LES FEMMES

AN-NISÂ’

 

Les Femmes: ce titre est tiré du verset 3; la sourate a été proclamée, semble-t-il, à Médine après la campagne du Fossé, entre la défaite d’Uhud et la retraite des Mekkois. Elle comprend cent soixante-seize versets, chronologiquement proclamés à la suite de la sourate 60.

 

Sourate 4.

 

LES FEMMES

AN-NISÂ’

 

Au nom d’Allah,

le Matriciant, le Matriciel...

 

Moitié du Hizb Huit

 

1.     Ohé, les humains,

frémissez de votre Rabb:

il vous a créés d’un seul être

et, de lui, il a créé son épouse

suscitant, des deux, femmes et hommes nombreux.

Frémissez d’Allah que vous sollicitez tous,

et des matrices.

Voici, Allah vous observe.

 

2.     Restituez leurs biens aux orphelins,

ne rendez pas le mal pour le bien,

ne dilapidez pas leurs biens,

ce serait une faute grave ­

mais vos biens.

 

3.     Si vous craignez de ne pas être équitables

envers les orphelines,

il vous est permis de vous marier,

à deux, trois ou quatre femmes !

Si vous craignez de manquer d’impartialité envers elles,

prenez une seule femme,

ou les captives que votre droite maîtrise.

C’est plus sûr, pour ne pas être inique.

 

4.     Restituez aux femmes leurs douaires, spontanément.

Si, librement, elles vous en offrent une partie,

consommez-la, bel et bien.

 

5.     Ne donnez pas vos biens à des incapables,

ce qu’Allah vous a remis pour subsister.

Pourvoyez-les, habillez-les,

dites-leur le verbe convenable.

 

6.     Éprouvez les orphelins jusqu’à l’âge du mariage.

Si vous trouvez en eux de la rectitude,

remettez-leur leurs biens, ne les dilapidez pas

en les monnayant ou en les dissipant

avant qu’ils ne grandissent.

 

7.     Qui est opulent s’abstient d’y toucher,

qui est pauvre en consommera convenablement.

Quand vous leur remettez leurs biens,

faites-le devant témoins,

mais Allah suffit au compte.

Une part revient aux hommes de ce que laissent

les deux parents et les proches.

Aux femmes, une part de ce que laissent

les deux parents et les proches,

peu ou prou, une part imposée.

 

8.     Quand ils assistent au partage

attribuez une part aux proches,

aux orphelins, aux pauvres;

pourvoyez-les en cela, dites-leur le dire convenable.

 

9.     Ceux qui testent, laissant une postérité fragile,

et craignent pour elle.

Qu’ils frémissent d’Allah: leur propos sera définitif.

 

10.     Ceux qui dilapident les biens des orphelins en fraude

ingurgitent un Feu dans leur ventre:

ils seront la proie du brasier.

 

11.     Allah vous l’ordonne pour vos enfants:

au mâle, une part égale à celle de deux femelles.

 

Si elles sont plus que deux femelles,

à elles les deux tiers de ce qu’il aura laissé.

 

Si elle est unique, à elle la moitié

et à chacun de ses deux parents le sixième

de ce qu’il aura laissé en ayant un enfant.

S’il n’a pas d’enfant

et que ses deux parents héritent de lui,

à sa mère le tiers.

S’il a des frères, à sa mère le sixième,

après les legs faits par testament et les dettes.

De vos pères et de vos fils, vous ne savez pas

lesquels sont les plus proches de vous, les plus utiles.

Intransigeance d’Allah: voici, Allah, le Savant, le Sage.

 

Trois-quarts du Hizb Huit

 

12.     À vous, la moitié de ce que laissent vos épouses,

si elles n’ont pas d’enfant.

Si elles ont un enfant,

à vous le quart de ce qu’elles laissent

après les legs faits par testament et les créances;

à elles, le quart de ce que vous laissez

si vous n’avez pas d’enfant.

Si vous avez un enfant,

à elles le huitième de ce que vous laissez,

après les legs faits par testament et les créances.

Si un homme ou une femme laissent un héritage

à un frère ou à une soeur, à chacun d’eux le sixième;

s’ils sont plus que cela, ils seront associés pour le tiers

après les legs faits par testament et les créances,

sans préjudice, sentence d’Allah,

Allah, savant, longanime.

 

13.     Voici les bornes d’Allah.

Qui obéit à Allah et à son Envoyé

est introduit au Jardin

sous lequel courent les fleuves,

là, en permanence.

Le voilà, le triomphe grandiose.

 

14.     Qui résiste à Allah et à son Envoyé

puis transgresse ses bornes

entre dans le Feu, là, en permanence.

À lui, le supplice avilissant.

 

15.     Pour celles de vos femmes qui sont perverses,

faites témoigner contre elles quatre d’entre vous.

S’ils témoignent contre elles,

faites-les demeurer dans les maisons

jusqu’à ce que la mort les enlève

ou qu’Allah fraye pour elles un sentier.

 

16.     Deux qui, parmi vous, commettent une infamie,

sévissez contre les deux.

S’ils font retour et s’amendent, écartez-vous des deux.

Voici, Allah, conciliateur, matriciel.

 

17.     Voici, le Retour est d’Allah

pour ceux qui font le mal par inadvertance,

mais retournent promptement.

Allah retourne vers ceux-là,

Allah est Savant, Sage.

 

18.     Il n’est pas de retour pour ceux qui agissent mal

et disent, lorsque la mort se présente devant eux:

« Maintenant, je fais enfin retour ».

Ni pour ceux qui meurent en effaceurs d’Allah:

nous préparons à ceux-là un supplice terrible.

 

19.     Ohé, ceux qui adhèrent,

il ne vous est pas permis

de recevoir en héritage des femmes, par contrainte,

Ne les empêchez pas de partir

avec ce que vous leur aurez donné,

sauf si elles ont commis une perversion manifeste.

Agissez envers elles convenablement.

Si vous les abhorrez, il est possible

que vous abhorriez ce en quoi Allah a mis un grand bien.

 

20.     Si vous voulez échanger une épouse contre une autre,

si vous avez donné à l’une un quintâr, n’en reprenez rien.

Le reprendriez-vous dans l’infamie et le crime évident ?

 

21.     Comment le reprendriez-vous étant liés l’un à l’autre,

elles ayant pris de vous une alliance réelle ?

 

22.     Ne vous mariez pas à des femmes

qui ont été mariées à vos pères,

sauf pour ce qui est déjà du passé.

Voici, c’est perversion, vice, mauvais sentier.

 

23.     Sont interdites pour vous:

vos mères, vos filles, vos soeurs,

vos tantes paternelles et maternelles,

les filles du frère, les filles de la soeur,

vos mères qui vous ont allaités, vos soeurs de lait,

les mères de vos femmes,

vos belles-filles qui sont sous votre protection,

vos femmes que vous avez pénétrées,

si vous ne les avez pas pénétrées,

nul grief contre vous ­

et les épouses de vos fils nés de vos reins.

Ne vous unissez pas à deux soeurs,

sauf pour ce qui est déjà du passé.

Voici, Allah, indulgent, matriciel.

 

Fin du Djûz quatrième

 

Djûz cinquième

 

Hizb Neuf

 

24.     Parmi les femmes, les vertueuses vous sont interdites

sauf les captives que votre droite maîtrise ­

Écrit pour vous par Allah.

En dehors d’elles, vous sont permises

les vertueuses acquises de vos biens,

sans être des fornicateurs.

Donnez leurs douaires en tant qu’imposition

à celles dont vous jouissez.

Pas de grief contre vous

pour ce que vous vous consentirez après l’imposition.

Voici, Allah, le Savant, le Sage.

 

25.     Parmi vous, celui qui ne peut pas

épouser des adhérentes vertueuses,

qu’il prenne les captives que votre droite maîtrise,

parmi les adhérentes que vous avez;

Allah connaît votre adhérence.

Mariez-vous à elles, avec la permission de leurs tentes.

Donnez-leur leurs douaires, convenablement.

Elles sont des vertueuses,

non des fornicatrices, non des preneuses d’amants.

Quand ce sont des vertueuses,

si elles provoquent l’abomination,

à elles la moitié du supplice des vertueuses,

cela pour ceux qui redoutent le mal parmi vous.

Oui, il est meilleur pour vous de persévérer:

Allah indulgent, matriciel.

 

26.     Allah veut vous faire discerner, vous guider

dans les traditions antérieures à vous.

Il retourne vers vous,

Allah, le Savant, le Sage.

 

27.     Allah veut retourner vers vous,

mais ceux qui suivent la nuisance

veulent que vous décliniez en un déclin grandiose.

 

28.     Allah veut vous soulager,

car l’humain a été créé fragile.

 

29.     Ohé, ceux qui adhèrent,

ne dilapidez pas vos biens en vain,

sauf si vous commercez par consentement mutuel.

Ne vous tuez pas vous-mêmes.

Voici, Allah est, avec vous, matriciel.

 

30.     Qui agit ainsi par abus et fraude glisse vite au feu,

c’est aisé pour Allah.

 

31.     Si vous vous écartez des grands crimes,

à vous interdits,

nous effacerons vos méfaits,

et nous vous ferons entrer,

d’entrée généreuse, au Jardin d’Allah.

 

32.     Ne soyez pas jaloux parce qu’Allah fait surabonder

certains plus que d’autres.

Aux hommes revient une part de ce qu’ils ont acquis;

aux femmes revient une part de ce qu’elles ont acquis.

Demandez à Allah de sa grâce.

Voici, Allah savant en tout.

 

33.     Nous avons institué pour tous,

des héritiers de ce qu’ils laissent,

les deux parents, les proches,

et ceux avec qui vous êtes liés par votre pacte.

Donnez leur part à ceux qui honorent vos serments.

Voici, Allah est témoin de tout.

 

34.     Les hommes ont autorité sur les femmes,

du fait qu’Allah fait grâce

à certains plus qu’à d’autres,

et du fait qu’ils dépensent leurs biens.

Les vertueuses adorent, et gardent

le mystère de ce qu’Allah garde.

Admonestez celles dont vous craignez la rébellion,

reléguez-les dans des dortoirs, battez-les.

Si elles vous obéissent,

ne cherchez pas contre elles de querelle.

Voici, Allah, le Sublime, le Grand.

 

35.     Si vous craignez la séparation entre des époux,

envoyez un sage de sa tente à lui,

et un sage de sa tente à elle.

Si tous les deux veulent la paix par vertu,

Allah les réconciliera tous les deux,

voici, Allah, le Savant, l’Informé.

 

Quart du Hizb Neuf

 

36.     Servez Allah, ne lui associez rien.

Agissez avec excellence envers les deux parents,

envers les proches, les orphelins, les pauvres,

le voisin proche, le voisin d’à côté,

le compagnon d’à côté, les voyageurs,

et les captives que votre droite maîtrise !

Voici, Allah n’aime pas l’insolent, le vantard,

 

37.     ni les avares qui ordonnent aux humains l’avarice

et cachent ce qu’Allah leur donne de sa grâce

nous préparons pour les effaceurs

un supplice avilissant ­,

 

38.     ni ceux qui prodiguent leurs biens à la vue des humains,

mais n’adhèrent pas à Allah, ni au Jour ultime,

ceux pour qui Shaïtân est un acolyte, un mauvais acolyte.

 

39.     Qu’en serait-il, s’ils adhéraient à Allah, au Jour ultime,

et s’ils prodiguaient de ce dont Allah les pourvoit ?

Allah les connaît bien.

 

40.     Voici, Allah ne lèse jamais, fût-ce du poids d’une fourmi:

si vous excellez, il double,

et il donne de lui-même, un salaire grandiose.

 

41.     Qu’en sera-t-il, quand nous ferons venir

de chaque patrie un témoin

et que nous te ferons venir en témoin contre eux ?

 

42.     Ce jour-là, ceux qui effacent Allah

et résistent à l’Envoyé

ne pouvant cacher à Allah leur geste,

souhaiteraient que la terre les engloutisse.

 

43.     Ohé, ceux qui adhèrent,

n’entrez pas en prière en étant ivres,

quand vous ne savez pas ce que vous dites,

ni pollués ­ sauf les voyageurs ­

avant de vous laver.

Si vous êtes malades ou en voyage

ou si l’un de vous revient des latrines,

ou si vous avez touché les femmes,

et ne trouvez pas d’eau, recourez à un bon sable,

frottez-vous le visage et les mains.

Voici, Allah est clément, il pardonne.

 

44.     Ne vois-tu pas ceux à qui une part de l’Écrit a été donnée ?

Ils acquièrent le fourvoiement

et veulent que vous vous fourvoyiez hors du sentier.

 

45.     Allah connaît vos ennemis.

Il suffit d’Allah pour protecteur,

il suffit d’Allah pour aide.

 

46.     Parmi ceux qui judaïsent,

certains altèrent la parole de son sens.

Ils disent: « Nous avons entendu, mais nous résistons... »

ou: « Entends sans entendement, et considère-nous. »

Ils gauchissent leurs langues, et s’attaquent à la créance.

Il eût été meilleur pour eux et plus droit,

s’ils avaient dit: « Nous entendons, et nous obéissons »,

ou: « Entends et regarde-nous... »

Mais Allah les honnit pour leur effaçage:

ils n’adhèrent que peu.

 

47.     Ohé, ceux à qui l’Écrit a été donné,

adhérez à ce que nous avons fait descendre,

justifiant ce qui était avec vous,

avant que nous n’effacions les visages,

les ramenant en arrière,

ou les honnissant

comme nous avons honni les Compagnons du Shabbat.

L’ordre d’Allah est accompli.

 

48.     Voici, Allah ne pardonne pas

celui qui lui donne des Associés.

Il pardonne, sauf cela, qui il veut.

Qui associe à Allah commet un crime grandiose.

 

49.     Vois-tu ceux qui purifient leurs êtres ?

En vain, car Allah purifie qui il veut.

Nul ne sera lésé d’une fibrille.

 

50.     Regarde comme ils inventent le mensonge contre Allah !

C’est en cela un crime évident !

 

51.     Vois-tu ceux à qui une partie de l’Écrit a été donnée ?

Ils adhèrent au Djibt et au Tâghût

et disent de ceux qui effacent:

« Ne sont-ils pas mieux guidés

que ceux qui adhèrent au sentier ? »

 

52.     Allah honnit ceux-là.

Tu ne trouveras pas de délivrance,

pour ceux qu’honnit Allah.

 

53.     Auraient-ils part au royaume,

alors qu’ils ne donnent rien aux humains,

même pas une écale ?

 

54.     Les humains jalouseront-ils

ceux auxquels Allah donne de sa grâce ?

Nous avions déjà donné aux tentes d’Ibrâhim

l’Écrit, la Sagesse:

nous leur donnerons un royaume grandiose.

 

55.     Parmi eux, certains adhèrent à Lui,

et parmi eux, certains s’en écartent:

mais la Géhenne suffit pour brasier !

 

56.     Voici, nous expédions au Feu ceux qui effacent nos Signes.

Chaque fois que leur peau est cuite

nous la leur échangeons contre une autre peau,

afin qu’ils dégustent le supplice:

Allah est sage.

 

57.     Ceux qui adhèrent et sont intègres,

nous les faisons entrer au Jardin

sous lequel courent les fleuves, là, en permanence.

Là, des épouses pures sont à jamais à eux:

nous les faisons pénétrer sous de frais ombrages.

 

Moitié du Hizb Neuf

 

58.     Voici, Allah vous ordonne

de restituer les dépôts à leurs tentes.

Quand vous jugez les humains, jugez-les avec équité:

Allah, l’excellent, vous en adjure.

Allah, l’entendeur, le voyant.

 

59.     Ohé, ceux qui adhèrent,

obéissez à Allah, obéissez à l’Envoyé

et, parmi vous, aux protecteurs de l’ordre.

Si vous vous disputez pour quoi que ce soit,

déférez-en à Allah et à l’Envoyé.

Si vous adhérez à Allah et au Jour ultime,

voilà la bonne, la meilleure interprétation.

 

60.     Vois-tu ceux qui affectent d’adhérer à Allah,

à ce qui est descendu vers toi

ou à ce qui est descendu avant toi ?

Ils veulent se faire juger par Tâghût

alors qu’il leur a été ordonné de l’effacer.

Le Shaïtân veut les fourvoyer en fourvoiement extrême.

 

61.     Quand il leur est dit:

« Montez vers ce qu’Allah a fait descendre et vers l’Envoyé »,

tu vois les embusqués s’écarter de toi, à l’écart.

 

62.     Comment seront-ils quand la chute les emportera

avec ce que leurs mains ont fait ?

Alors ils viendront vers toi jurer par Allah:

« Voici, nous ne voulions que l’excellence et la concorde ! »

 

63.     Ceux-là, Allah connaît ce qui est en leur coeur.

Écarte-toi d’eux. Exhorte-les

et dis, contre leurs êtres, un verbe percutant.

 

64.     Nous avons envoyé l’Envoyé

pour qu’il soit obéi, par permission d’Allah.

Quand ils se lésaient eux-mêmes, si encore

ils étaient venus à toi, pour se faire absoudre par Allah,

l’Envoyé les aurait fait absoudre:

ils auraient trouvé Allah, conciliateur, matriciel.

 

65.     Non, par ton Rabb, ils n’adhéreront pas

avant de t’avoir fait arbitrer leur litige.

Ensuite, ils ne trouveront plus, en eux-mêmes,

d’obstacle à ce que tu auras décidé:

ils s’apaiseront, pacifiés.

 

66.     Si nous leur avions prescrit: « Combattez »,

ou: « Sortez de vos demeures »,

ils ne l’auraient pas fait, sauf certains d’entre eux.

S’ils agissaient selon nos exhortations,

ce serait meilleur pour eux, de plus grande certitude.

 

67.     Nous leur donnerions alors un salaire grandiose,

 

68.     nous les guiderions sur le chemin ascendant.

 

69.     Ceux qui obéissent à Allah et à l’Envoyé,

ceux-là sont avec les Nabis, les justes,

les témoins, les intègres qu’Allah ravit,

ô, quelle excellente compagnie !

 

70.     Telle est la grâce d’Allah,

Allah suffit comme savant.

 

71.     Ohé, ceux qui adhèrent !

Prenez garde !

Élancez-vous clairsemés ou élancez-vous en masse.

 

72.     Quand la défaite survient, l’un de vous traîne.

et dit: « Allah me comble

parce que je n’ai pas témoigné avec eux ».

 

73.     Mais quand la victoire d’Allah arrive,

comme s’il n’était pas de chérissement

entre vous et Lui, il dit:

« Ah, si j’avais été avec eux,

j’aurais remporté un butin grandiose. »

 

Trois quarts du Hizb Neuf

 

74.     Ceux qui troquent la vie de ce monde contre l’Autre;

combattront sur le sentier d’Allah.

Ceux qui combattent sur le sentier d’Allah,

tués ou vainqueurs,

nous leur donnerons bientôt un salaire grandiose.

 

75.     Pourquoi donc ne combattez-vous pas sur le sentier d’Allah ?

Les plus fragiles des hommes,

des femmes et des enfants disent:

« Notre Rabb, fais-nous sortir

hors de cette cité de fraude et de ses tentes,

mets sur nous un protecteur proche de toi,

mets sur nous, proche de toi, un aide. »

 

76.     Ceux qui adhèrent combattent sur le sentier d’Allah.

Ceux qui effacent combattent sur le sentier du Tâghût.

Combattez les protecteurs du Shaïtân:

voici, la ruse du Shaïtân est fragile.

 

77.     N’as-tu pas vu ceux à qui il est dit:

« Baissez vos mains ! Élevez la prière, donnez la dîme. »

Mais, quand le combat leur est prescrit,

quand une partie d’entre eux craint les humains

d’une crainte égale à celle d’Allah

ou d’une crainte plus grande encore, ils disent:

« Notre Rabb, pourquoi nous prescris-tu le combat ?

Pourquoi ne pas le retarder à une échéance ultérieure ? »

Dis: « Jouir de ce monde, c’est peu,

mais l’Autre est meilleur, pour qui frémit:

ils ne seront pas lésés d’une fibrille. »

 

78.     Où que vous soyez, la mort vous rejoindra,

fussiez-vous dans des bordjs fortifiés.

Si un bien leur échoit, ils disent:

« C’est de chez Allah. ».

Si un mal leur échoit, ils disent: « C’est de toi. »

Dis: « Tout est de chez Allah ».

Mais comment ce peuple peut-il ne pas saisir la geste ?

 

79.     Ce qui t’échoit d’excellent, c’est d’Allah,

ce qui t’échoit de mal, c’est de toi-même.

Nous t’avons envoyé aux humains en Envoyé,

il suffit d’Allah pour témoin.

 

80.     Qui obéit à l’Envoyé obéit à Allah.

Qui se détourne...

Nous ne t’avons pas Envoyé à eux en gardien.

 

81.     Ils disent: « Obéissance ! »,

mais quand ils partent de chez toi,

une partie d’entre eux ressasse ce que tu n’as pas dit.

Or, Allah écrit ce qu’ils ressassent.

Écarte-toi d’eux, abandonne-toi à Allah,

il suffit d’Allah pour s’abandonner.

 

82.     Pourquoi ne réfléchissent-ils pas à l’Appel, al-Qur’ân ?

S’il était d’un autre que d’Allah

ils y trouveraient maintes contradictions.

 

83.     Que leur parvienne un ordre,

provoquant confiance ou peur, ils le diffusent.

S’ils le rapportaient à l’Envoyé,

ou aux gardiens de l’ordre,

ceux qui parmi eux l’exprimeraient,

autour d’eux, le feraient connaître.

Sans la grâce et les matrices d’Allah,

sauf quelques uns, vous auriez suivi le Shaïtân.

 

84.     Combats sur le sentier d’Allah:

tu ne te chargeras que de toi-même.

Stimule les adhérents.

Allah écartera peut-être le mal des effaceurs,

Allah plus redoutable que le malheur,

plus redoutable que le bannissement.

 

85.     Qui intercède d’intercession excellente,

une part en est pour lui;

qui intercède d’intercession mauvaise

le double en est pour lui.

Allah est le nourricier de tout.

 

86.     Quand vous êtes salués courtoisement

saluez mieux encore ou, du moins, répondez;

voici, Allah compte tout.

 

87.     Allah ! Pas d’Ilah sauf Lui !

Il vous rassemblera le jour du Relèvement.

Pas de doute sur Lui.

Quoi de plus juste qu’Allah dans sa geste ?

 

88.     Pour vous, concernant les embusqués, pourquoi deux parts ?

Allah les refoule avec ce qu’ils ont acquis.

Voulez-vous guider celui qu’Allah fourvoie ?

Tu ne trouveras pas de sentier

pour celui qu’Allah fourvoie.

 

Hizb Dix

 

89.     Ils souhaitent que vous effaciez Allah

comme ils l’ont effacé,

pour que vous deveniez semblables à eux.

Ne prenez pas chez eux d’alliés,

jusqu’à ce qu’ils émigrent sur le sentier d’Allah.

S’ils se détournent, prenez-les et tuez-les,

où que vous les acculiez.

Ne prenez pas chez eux d’allié ni d’aide,

 

90.     sauf chez ceux qui sont liés à un peuple

qui a fait alliance avec vous,

ou est venu à vous, la poitrine oppressée

d’avoir à vous combattre ou à combattre leur peuple.

Si Allah l’avait décidé, il leur aurait donné

le pouvoir de vous combattre.

S’il se retirent loin de vous, ne vous combattent pas,

et vous offrent la paix,

Allah n’ouvrira pas le sentier de la guerre entre vous.

 

91.     Vous en trouverez d’autres qui voudront

se réconcilier avec vous et avec leur peuple.

Mais chaque fois qu’ils voudront la sédition, ils échoueront.

S’ils ne se retirent pas, ne vous offrent pas la paix,

ne baissent pas les mains,

prenez-les et combattez-les là où vous les acculerez.

Contre eux, nous mettons en vous un pouvoir évident.

 

92.     Ce n’est pas à un adhérent de tuer un adhérent,

sauf par inadvertance.

Qui tue un adhérent par inadvertance,

à lui d’affranchir un esclave qui adhère.

Un prix est payé à ses tentes,

sauf s’ils lui en font l’aumône.

S’il est d’un peuple ennemi, lui-même étant un adhérent,

il doit affranchir la nuque d’un adhérent.

S’il est d’un peuple ayant une alliance avec vous,

un prix est payé à ses tentes:

il doit affranchir la nuque d’un adhérent.

Qui ne peut le faire

fera un jeûne de deux mois consécutifs,

pour le Retour d’Allah,

Allah, le Savant, le Sage.

 

93.     Qui tue volontairement un adhérent,

a son salaire dans la Géhenne, en permanence,

avec, contre lui, le courroux d’Allah

qui le honnit et le voue au supplice grandiose.

 

94.     Ohé, ceux qui adhèrent,

quand vous vous battez sur le sentier d’Allah, discernez.

Ne dites pas, à qui vous offre la paix:

« Tu n’es pas un adhérent ! »

Vous atteindriez l’éphémère de la vie de ce monde.

Or chez Allah le butin est multiple.

Ainsi étiez-vous auparavant,

mais Allah vous a comblés: discernez !

Voici, Allah est informé de ce que vous faites.

 

95.     Parmi les adhérents, les oisifs,

sauf les infirmes,

n’égalent pas les zélés sur le sentier d’Allah

en leurs biens et leurs êtres.

Allah favorise les zélés

en leurs biens et leurs êtres,

à un plus haut degré que les oisifs.

Allah les voue tous à l’excellence.

Allah favorise les zélés,

davantage que les oisifs, leur donnant un salaire grandiose,

 

96.     en ses degrés, absolution et matrices:

Allah est clément, matriciel.

 

97.     Voici, les Messagers disent aux fraudeurs qu’ils font payer:

« Où étiez-vous ? »

Ils disent: « Nous étions, sur terre, des miséreux. »

Ils disent: « La terre d’Allah n’est-elle pas assez vaste,

pour que vous émigriez ? »

La Géhenne sera leur refuge, l’horrible devenir.

 

98.     Cela à l’exception des miséreux,

hommes, femmes et enfants,

qui, privés de moyens, ne sont pas guidés sur le sentier.

 

99.     Peut-être Allah effacera-t-il pour eux,

Allah, l’Indulgent, le Clément.

 

Quart du Hizb Dix

 

100.     Qui émigre sur le sentier d’Allah

trouve dans le pays de l’espace

et de multiples possibilités.

Qui sort de sa maison émigre vers Allah et son Envoyé.

Quand la mort l’atteint, son salaire déferle d’Allah,

Allah, le Clément, le Matriciel.

 

101.     Quand vous vous battez, sur terre,

point de grief contre vous quand vous abrégez la prière,

si vous craignez que les effaceurs d’Allah ne vous agressent.

Voici, les effaceurs sont pour vous des ennemis avérés.

 

102.     Quand tu es parmi eux, élevant la prière pour eux,

qu’une partie d’entre eux se lève avec toi,

et qu’ils prennent les armes.

Quand ils se prosternent, qu’ils soient derrière vous.

 

Quant arrive l’autre partie qui n’a pas prié,

qu’ils prient avec toi.

Ils prendront la garde avec leurs armes.

Ceux qui effacent vous souhaiteraient

inattentifs à vos armes et tout à vos jouissances,

pour fondre soudain sur vous.

Point de grief contre vous, si, gênés par la pluie ou malades,

vous déposez vos armes.

Mais prenez garde !

Voici, Allah voue les effaceurs au supplice affligeant.

 

103.     Quand vous prononcez la prière,

invoquez Allah, debout, assis ou couchés.

Quand vous êtes dans la quiétude, élevez la prière.

Voici, la prière est prescrite,

et fixée pour les adhérents.

 

104.     Ne faiblissez pas en poursuivant ce peuple.

Si vous souffrez,

ils souffrent aussi comme vous souffrez,

mais vous espérez d’Allah ce qu’ils n’espèrent pas,

Allah, le Savant, le Sage.

 

105.     Nous voici, nous avons fait descendre sur toi

l’Écrit avec la Vérité,

pour que tu arbitres, parmi les humains,

selon ce qu’Allah t’a fait voir.

Ne défends pas les traîtres.

 

106.     Fais-toi absoudre par Allah,

voici Allah, clément, matriciel.

 

107.     Ne plaide pas pour ceux qui se trahissent,

Allah n’aime pas qui est traître, criminel.

 

108.     Ils sont craintifs devant les humains,

mais non devant Allah.

Il est auprès d’eux, quand ils nuitent

et disent ce à quoi Il n’agrée pas.

Allah se garde de ce qu’ils font.

 

109.     Voici, vous plaidez pour eux dans la vie de ce monde.

Mais qui les défendra, le jour du Relèvement,

qui sera leur défenseur ?

 

110.     Qui agit mal, se lèse, mais se fait absoudre,

puis trouve Allah clément, matriciant.

 

111.     Qui commet un crime ne le commet que contre lui-même,

voici, Allah, le Savant, le Sage.

 

112.     Qui commet une faute ou un crime

puis en accuse un innocent,

s’est déjà chargé d’une infamie, d’un crime avéré.

 

113.     Sans la grâce matricielle d’Allah sur toi

un parti parmi eux

méditait de te fourvoyer,

mais ils se fourvoient eux-mêmes,

et ne te nuisent en rien.

Allah fait descendre sur toi l’Écrit et la sagesse;

Il t’apprend ce que tu n’avais pas appris,

la grâce d’Allah, pour toi grandiose.

 

Moitié du Hizb Dix

 

114.     Aucun bien ne se trouve

dans la plupart de leurs conciliabules,

sauf quand ils ordonnent l’aumône,

ou le bien convenable ou la concorde entre humains.

À qui fait cela, et recherche l’agrément d’Allah,

nous donnerons bientôt un salaire grandiose.

 

115.     Qui se sépare de l’Envoyé,

après avoir discerné la guidance,

et suit un autre sentier que celui des adhérents,

nous lui donnons ce qu’il s’est attribué lui-même,

nous le précipitons dans la Géhenne, l’horrible devenir.

 

116.     Allah ne pardonne pas à celui qui lui donne des Associés.

Il pardonne qui Il décide, sauf en cela.

Qui associe à Allah se fourvoie d’un fourvoiement extrême.

 

117.     Oui, ils n’implorent, hors de Lui, que des femelles,

oui, ils n’implorent qu’un Shaïtân rebelle.

 

118.     Allah le honnit, lui qui a dit:

« Je prendrai un certain nombre de tes serviteurs.

 

119.     Je les fourvoierai, je les bernerai, je leur ordonnerai

de fendre les oreilles du bétail,

je leur ordonnerai de mutiler la création d’Allah. »

Qui prend le Shaïtân pour protecteur, non pas Allah,

a déjà perdu d’évidente perte.

 

120.     Il leur promet, mais les berne:

le Shaïtân ne promet que des illusions.

 

121.     Et voici leur refuge: la Géhenne.

Ils n’y trouveront échappatoire.

 

122.     Ceux qui adhèrent et sont intègres,

nous les ferons entrer dans les Jardins

sous lesquels courent les fleuves, en permanence.

Là, à jamais, la promesse d’Allah est Vérité.

Quoi donc de plus authentique que le Verbe d’Allah ?

 

123.     Ce n’est pas selon vos souhaits

ni selon les souhaits des Tentes de l’Écrit.

Qui fait le mal en reçoit le salaire,

et ne trouve, hors d’Allah, ni protecteur ni aide.

 

124.     Qui est intègre, mâle ou femelle, est un adhérent.

Le voici, il entre au Jardin, sans être lésé d’une écale.